🖊️ Article mis à jour le 24 juillet 2026
Le départ des enfants du foyer marque une étape importante dans la vie d’une famille. Après parfois vingt ans ou plus passés à organiser son quotidien autour des besoins des enfants, certains parents se retrouvent face à une nouvelle réalité : davantage de temps libre, une maison plus calme… mais aussi parfois un sentiment de vide ou de perte de repères. Cette période, souvent appelée syndrome du nid vide, n’est pas une maladie reconnue mais décrit une transition émotionnelle vécue par certains parents lorsque leurs enfants deviennent autonomes et quittent le domicile familial.
Si cette étape peut être difficile, elle n’est pas uniquement synonyme de tristesse. Les recherches montrent également qu’elle peut devenir une période de croissance personnelle, de redécouverte de soi et d’amélioration du bien-être.
Le départ des enfants : une transition identitaire importante
Pendant des années, le rôle de parent structure une grande partie du quotidien : préparer les repas, accompagner les enfants, gérer les rendez-vous, soutenir leur scolarité ou leurs projets.
Lorsque les enfants partent, ce changement ne concerne donc pas seulement l’organisation pratique. Il touche aussi à l’identité.
Certains parents peuvent alors se poser des questions comme :
- « Qui suis-je maintenant que mes enfants ont moins besoin de moi ? »
- « Qu’est-ce qui donne du sens à mes journées ? »
- « Quelles sont les choses que j’ai mises de côté pendant toutes ces années ? »
Selon les chercheurs, les transitions importantes de la vie nécessitent souvent une période d’adaptation durant laquelle les individus reconstruisent leurs habitudes, leurs objectifs et leur perception d’eux-mêmes.
Une étude publiée dans The Gerontologist souligne notamment que les changements de rôle au cours de la vie adulte peuvent influencer le bien-être psychologique et nécessitent parfois une réorganisation de l’identité personnelle.
Le syndrome du « nid vide » n’est pas forcément une période négative
Contrairement à certaines idées reçues, le départ des enfants n’entraîne pas systématiquement une baisse du bonheur.
Plusieurs études montrent que cette période peut aussi avoir des effets positifs :

- Davantage de liberté dans l’organisation du quotidien ;
- Plus de temps consacré au couple ;
- La possibilité de reprendre des activités personnelles ;
- Une relation différente avec ses enfants, davantage basée sur l’échange entre adultes.
Une revue publiée dans le Journal of Family Issues indique que l’expérience du départ des enfants dépend fortement du contexte : qualité de la relation parent-enfant, situation conjugale, santé, réseau social et capacité à trouver de nouveaux projets.
Autrement dit, ce n’est pas uniquement le départ des enfants qui détermine le vécu de cette étape, mais la manière dont chacun peut reconstruire un nouvel équilibre.
Combien de temps dure le syndrome du nid vide ?
La durée du syndrome du nid vide varie considérablement d’un parent à l’autre. Il n’existe pas de durée « normale » : pour certaines personnes, le sentiment de vide ou de tristesse s’atténue après quelques semaines, tandis que pour d’autres, l’adaptation peut prendre plusieurs mois, voire plus longtemps.
Cette période dépend de nombreux facteurs : la qualité de la relation avec ses enfants, la place occupée par le rôle parental dans la vie du parent, la préparation au départ, la situation professionnelle, la relation de couple ou encore l’entourage et les projets personnels disponibles après cette transition.
Si le syndrome du nid vide peut demander un temps d’adaptation, cette nouvelle étape de vie peut aussi devenir une occasion de se recentrer sur soi et de construire de nouveaux projets. Certaines habitudes et réflexions peuvent aider les parents à retrouver progressivement leur équilibre après le départ des enfants.
7 façons de retrouver son équilibre après le départ des enfants
1. Accepter les émotions contradictoires
Il est normal de ressentir plusieurs émotions en même temps.
Un parent peut être fier de voir son enfant devenir autonome tout en ressentant un manque dans son quotidien.
La psychologue Barbara H. Fiese, spécialiste des dynamiques familiales, rappelle que les transitions familiales importantes impliquent souvent une adaptation émotionnelle progressive.
Plutôt que de chercher à supprimer ces émotions, il peut être utile de les reconnaître comme une étape normale du changement.
2. Recréer une routine qui vous appartient
Pendant les années de parentalité intensive, les journées sont souvent organisées autour des contraintes familiales.
Après le départ des enfants, l’absence de structure peut parfois donner une impression de vide.
Créer de nouvelles habitudes peut aider à :
- Reprendre une activité sportive ;
- Instaurer des moments de lecture ;
- Planifier des sorties régulières ;
- Découvrir une nouvelle activité.
Les recherches sur les habitudes de vie montrent que les routines structurent le quotidien et participent au sentiment de stabilité psychologique.
3. Redonner une place à ses propres envies
Beaucoup de parents mettent certaines envies personnelles entre parenthèses pendant l’éducation des enfants.

Cette nouvelle période peut être l’occasion de se demander :
- Qu’est-ce que j’aimais faire avant d’être parent ?
- Qu’ai-je toujours voulu essayer ?
- Quelles activités me donnent réellement de l’énergie ?
Apprendre une nouvelle compétence, voyager, pratiquer une activité artistique ou reprendre une passion abandonnée peuvent contribuer au sentiment d’accomplissement personnel.
4. Entretenir sa vie sociale
Lorsque les enfants quittent la maison, le risque est parfois de réduire son cercle social.
Pourtant, les relations sociales jouent un rôle majeur dans la santé mentale.
Une vaste méta-analyse publiée dans PLOS Medicine a montré que la qualité des relations sociales est associée à une meilleure espérance de vie.
Entretenir ses amitiés, rejoindre une association ou participer à des activités collectives peut donc être un véritable facteur de protection du bien-être.
5. Prendre soin de sa santé physique
Cette nouvelle étape peut aussi être un moment pour remettre sa santé au centre des priorités.
Quelques habitudes simples peuvent avoir un impact important :
- Marcher régulièrement ;
- Pratiquer une activité physique adaptée ;
- Améliorer son alimentation ;
- Préserver son sommeil.
L’activité physique est notamment associée à une réduction des symptômes anxieux et dépressifs chez les adultes.
💡Bon à savoir : une marche quotidienne de 30 minutes peut devenir un rituel simple pour sortir, bouger et prendre soin de son équilibre mental.
6. Réinvestir son couple ou ses relations proches

Pour certains couples, le départ des enfants transforme profondément la relation.
Pendant des années, les enfants ont occupé une place centrale dans l’organisation familiale. Retrouver des moments à deux peut demander un nouvel apprentissage.
Cela peut être l’occasion de recréer des habitudes communes, partager de nouvelles expériences ou encore redéfinir des projets ensemble.
7. Construire de nouveaux projets
En effet, l’un des meilleurs moyens de traverser cette transition est de se tourner vers l’avenir.
Les projets donnent une direction et renforcent le sentiment d’utilité.
Cela peut être :
- Un engagement associatif ;
- Un projet professionnel ;
- Une formation ;
- Un voyage ;
- Une activité créative (peinture, écriture d’un roman, crochets, bricolage, etc.).
La recherche en psychologie positive souligne que le sentiment d’avoir des objectifs personnels contribue au bien-être psychologique tout au long de la vie.
Le syndrome du nid vide : une nouvelle étape, pas une fin
Le départ des enfants représente un changement majeur dans la vie familiale. Il peut provoquer un sentiment de nostalgie, mais il ouvre également une nouvelle période où les parents peuvent retrouver une partie d’eux-mêmes parfois mise en pause.
Cette transition ne signifie pas perdre son rôle de parent. Elle signifie simplement le transformer : passer d’un rôle quotidien de protection et d’organisation à une relation différente, basée davantage sur le soutien, le partage et la complicité.
Après des années consacrées à sa famille, prendre soin de soi n’est pas un abandon. C’est une nouvelle manière de construire son équilibre.
Enfin, si les enfants quittent le foyer, cela ne signifie pas que la communication s’arrête. Bien au contraire, entretenir un dialogue bienveillant et respecter l’autonomie de chacun permet souvent de renforcer les liens familiaux à l’âge adulte. Pour découvrir comment maintenir une relation de confiance avec vos enfants, consultez également notre article « Une communication efficace entre parents et enfants : stratégies et conseils ».
Bibliographie
Voir les références scientifiques
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Marlène Barthelme

Fondatrice et responsable éditoriale de Fam’tastique. Ancienne cheffe de projet pendant 4 ans au sein d’une entreprise européenne de compléments alimentaires, elle travaille aujourd’hui à la création de contenus santé et bien-être fondés sur l’analyse critique de sources scientifiques et le respect du cadre réglementaire européen. En savoir plus sur l’autrice