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Enfants et écransQuel impact sur leur développement cognitif ?

Des enfants (une fille et un garçon) devant des écrans sur un canapé gris.
4.8
(4)

Tablettes, smartphones, tĂ©lĂ©vision, ordinateurs
 Les Ă©crans se sont installĂ©s dans le quotidien des enfants dĂšs le plus jeune Ăąge. Que ce soit Ă  la maison, Ă  l’école ou chez la nounou, ils captent leur attention, parfois plusieurs heures par jour. 

Face Ă  cette omniprĂ©sence, une question lĂ©gitime se pose : quel impact les Ă©crans ont-ils rĂ©ellement sur le dĂ©veloppement cognitif des enfants ? Sont-ils des alliĂ©s pour apprendre autrement, ou au contraire, un frein Ă  leur Ă©panouissement intellectuel, Ă©motionnel et social ? Parents, enseignants et professionnels de santĂ© sont de plus en plus nombreux Ă  s’en inquiĂ©ter. 

Cet article propose de faire le point sur ce que l’on sait aujourd’hui des effets des Ă©crans : quels bĂ©nĂ©fices peut-on en tirer, Ă  quelles conditions ? Quels sont les risques d’un usage excessif ou inadaptĂ© ? Et surtout, comment accompagner son enfant pour qu’il grandisse sereinement dans un monde oĂč les Ă©crans sont partout ?

Comprendre le dĂ©veloppement cognitif de l’enfant

Le dĂ©veloppement cognitif dĂ©signe l’ensemble des capacitĂ©s mentales qui permettent Ă  l’enfant de penser, apprendre, comprendre et s’adapter Ă  son environnement. Il englobe notamment la mĂ©moire, le langage, l’attention, le raisonnement ou encore les fonctions exĂ©cutives (planification, contrĂŽle des impulsions, flexibilitĂ© mentale) [1].

Un enfant joue avec des  blocs en bois dans un salon. Sa mĂšre est attentive.

Les premiĂšres annĂ©es de vie sont dĂ©terminantes : entre 0 et 6 ans, le cerveau se dĂ©veloppe Ă  une vitesse fulgurante [2]. Cette pĂ©riode sensible est marquĂ©e par des apprentissages fondamentaux, qui se poursuivent activement jusqu’à 12 ans. Chaque Ă©tape — de l’exploration sensorielle du nourrisson aux raisonnements plus complexes de l’enfant scolarisĂ© — prĂ©pare le terrain aux compĂ©tences futures.

Ce dĂ©veloppement repose avant tout sur la richesse des expĂ©riences vĂ©cues : interactions humaines bienveillantes, jeux libres, manipulation d’objets, activitĂ© physique
 [3]. Autant de stimulations variĂ©es qui façonnent la construction du cerveau bien plus efficacement que les sollicitations virtuelles seules.

Enfants et Ă©crans : quels bĂ©nĂ©fices quand l’usage est raisonnĂ© ?

1. Des applications Ă©ducatives qui stimulent l’apprentissage

De nombreuses applications bien conçues peuvent accompagner l’enfant dans ses premiers apprentissages : lettres, chiffres, formes, couleurs, ou encore initiation aux langues Ă©trangĂšres. GrĂące Ă  des interfaces intuitives, ces outils captent l’attention tout en stimulant la mĂ©moire, la logique et la concentration [4]. Les activitĂ©s sont souvent conçues de maniĂšre progressive, ce qui permet Ă  l’enfant de dĂ©velopper ses compĂ©tences Ă  son rythme.

2. Jeux vidéo : coordination, mémoire et résolution de problÚmes

Certains jeux vidĂ©o, choisis avec discernement, peuvent avoir un impact positif sur le dĂ©veloppement cognitif [5]. Jeux de construction, casse-tĂȘtes, aventures interactives ou jeux de logique renforcent la coordination Ɠil-main, la rĂ©solution de problĂšmes, la planification ou encore la mĂ©moire de travail. Ils peuvent Ă©galement dĂ©velopper la patience et l’autonomie, notamment lorsque l’enfant est amenĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir par lui-mĂȘme pour progresser.

3. Un accĂšs Ă©largi Ă  la culture et Ă  l’information

Les Ă©crans offrent aussi un accĂšs privilĂ©giĂ© Ă  une vaste palette de contenus culturels et Ă©ducatifs : documentaires, dessins animĂ©s intelligents, visites virtuelles, podcasts pour enfants, etc. UtilisĂ©s Ă  bon escient, ces supports enrichissent la curiositĂ© naturelle de l’enfant, stimulent son vocabulaire et l’ouvrent sur le monde.

4. Ce que disent les études

Selon une Ă©tude parue dans Frontiers in Psychology (2017), l’usage modĂ©rĂ© de tablettes Ă©ducatives, accompagnĂ© par un adulte, peut amĂ©liorer les compĂ©tences langagiĂšres chez les enfants en bas Ăąge. Ce bĂ©nĂ©fice est d’autant plus marquĂ© lorsque l’écran est utilisĂ© de maniĂšre interactive, dans un contexte bienveillant et structurĂ© [6].

Les Ă©crans ne sont donc pas Ă  bannir, mais Ă  encadrer intelligemment pour qu’ils deviennent de vĂ©ritables outils pĂ©dagogiques au service du dĂ©veloppement de l’enfant.

Enfants et Ă©crans : les risques d’un usage excessif ou mal adaptĂ©

Si certains usages des Ă©crans peuvent ĂȘtre bĂ©nĂ©fiques, un usage excessif, inadaptĂ© ou non accompagnĂ© prĂ©sente de rĂ©els risques pour le dĂ©veloppement de l’enfant.

1. Des troubles de l’attention et une fatigue cognitive accrue

Une exposition prolongĂ©e aux Ă©crans, en particulier sans pauses rĂ©guliĂšres, peut entraĂźner des troubles de l’attention chez l’enfant [7]. Ces derniers peinent alors Ă  se concentrer sur une tĂąche, passent d’un contenu Ă  un autre sans rĂ©elle continuitĂ©, et dĂ©veloppent une impatience cognitive. À long terme, cela peut affecter leur capacitĂ© Ă  se concentrer en classe ou Ă  mener Ă  bien des apprentissages complexes. Une fatigue cognitive peut Ă©galement apparaĂźtre, marquĂ©e par une baisse de vigilance, d’irritabilitĂ© et des difficultĂ©s Ă  mĂ©moriser.

2. Un déséquilibre dans les activités fondamentales au développement

Le temps passĂ© devant les Ă©crans empiĂšte souvent sur d’autres activitĂ©s essentielles Ă  la croissance des enfants : le sommeil, les Ă©changes avec les adultes et les pairs, les jeux libres et les activitĂ©s motrices. Or, ces temps sont irremplaçables dans la construction des compĂ©tences sociales, Ă©motionnelles et physiques. Une carence dans ces domaines peut freiner l’apprentissage du langage, la rĂ©gulation des Ă©motions ou encore la conscience corporelle [8].

3. Des retards de langage et une baisse de l’empathie

Enfants et écrans : un jeune garçon se bouche les oreilles et feint de ne pas entendre son pÚre.

Les enfants exposĂ©s trĂšs tĂŽt et de maniĂšre passive aux Ă©crans (tĂ©lĂ©vision, vidĂ©os YouTube, etc.), en particulier avant l’ñge de 3 ans, prĂ©sentent un risque accru de retard de langage. Les interactions humaines – notamment les Ă©changes verbaux avec les adultes – sont essentielles dans cette pĂ©riode sensible [9]. Par ailleurs, la multiplication de contenus violents ou rapides peut engendrer une forme de dĂ©sensibilisation Ă©motionnelle et altĂ©rer la capacitĂ© d’un enfant Ă  dĂ©velopper son empathie [10].

4. Des recommandations officielles claires

L’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) recommande une absence totale d’écrans avant 2 ans et un usage trĂšs limitĂ© jusqu’à 5 ans [11]. Les pĂ©diatres et neuroscientifiques insistent sur l’importance de privilĂ©gier les activitĂ©s interactives (jeux, discussions, lectures) aux contenus passifs. De nombreuses Ă©tudes confirment que la qualitĂ© de l’environnement humain et relationnel reste le pilier d’un bon dĂ©veloppement cognitif chez l’enfant.

Bon Ă  savoir : un environnement riche en Ă©changes verbaux et Ă©motionnels soutient activement le dĂ©veloppement du cerveau chez l’enfant. Et si vous ne parvenez pas Ă  discuter avec vos enfants, dĂ©couvrez nos conseils pour amĂ©liorer la communication parent-enfant dans cet article 👉 Une communication efficace entre parents et enfants : stratĂ©gies et conseils.

Ce qui change tout : contenu, durée et accompagnement

Quand on parle d’écrans, il est essentiel de comprendre que tout dĂ©pend du comment. Le contenu, la durĂ©e d’exposition et surtout l’accompagnement parental transforment totalement l’impact des Ă©crans sur le dĂ©veloppement de l’enfant.

1. Tous les écrans ne se valent pas

Une vidĂ©o YouTube lancĂ©e en boucle sans supervision n’a rien Ă  voir avec une application Ă©ducative interactive bien choisie. Si vous devez occuper votre enfant pendant que vous prĂ©parez le dĂźner, par exemple, certaines applis peuvent rĂ©ellement l’aider Ă  apprendre tout en s’amusant. Par exemple, Bayam (créée par Bayard Jeunesse) propose des contenus interactifs adaptĂ©s Ă  l’ñge de l’enfant : histoires, activitĂ©s crĂ©atives, dĂ©couvertes du monde
 Autre appli utile : EduMedia, qui propose des animations scientifiques ludiques pour les plus grands (Ă  partir de 6-7 ans).

CĂŽtĂ© chaĂźnes YouTube francophones, vous pouvez vous tourner vers Comptines et chansons de Titounis (pour les tout-petits), ou C’est pas sorcier et 1 jour, 1 question pour les enfants plus grands. 

Ces contenus sont validĂ©s par des professionnels de l’éducation, et permettent d’apprendre tout en restant concentrĂ© ✅.

2. L’ñge de l’enfant compte Ă©normĂ©ment

Des enfants regardent un dessin animé dans un tipi aménagé à l'extérieur.

Plus l’enfant est jeune, plus son cerveau est mallĂ©able et sensible. Avant 2 ans, les recommandations officielles sont trĂšs claires : pas d’écrans, ou seulement avec un adulte, pour des usages ponctuels. De 2 Ă  6 ans, on peut introduire des contenus courts et bien choisis, Ă  raison de 20 Ă  30 minutes par jour maximum.

3. La prĂ©sence de l’adulte change tout

Ce qu’on appelle le co-visionnage ou la co-interaction, c’est le fait d’ĂȘtre prĂ©sent avec l’enfant pendant l’usage des Ă©crans, de commenter, expliquer, rĂ©agir. Cela permet Ă  l’enfant de mieux comprendre ce qu’il voit, d’en tirer un rĂ©el bĂ©nĂ©fice, et de rester connectĂ© Ă  son environnement humain [12].

Bon Ă  savoir : mieux vaut 15 minutes d’écran intelligent accompagnĂ© qu’une heure de vidĂ©os passives et rĂ©pĂ©titives.

Recommandations concrĂštes aux parents

Face Ă  la place grandissante des Ă©crans dans le quotidien, les parents ont un rĂŽle clĂ© Ă  jouer pour encadrer leur usage. Les grandes instances comme l’OMS ou l’ANSES sont unanimes : tout commence par l’ñge de l’enfant.

Avant 3 ans, mieux vaut Ă©viter les Ă©crans autant que possible, surtout s’ils sont passifs (TV, vidĂ©os non interactives). L’enfant a besoin d’expĂ©riences sensorielles, motrices et humaines. Quelques minutes occasionnelles, en prĂ©sence d’un adulte, peuvent ĂȘtre tolĂ©rĂ©es, mais ne doivent pas devenir une habitude. 

Entre 3 et 7 ans, un usage trĂšs limitĂ© est recommandĂ© : environ 30 minutes, sur des contenus adaptĂ©s et de qualitĂ©, toujours accompagnĂ©s par un adulte. Entre 7 et 12 ans, on peut aller jusqu’à 1h par jour, en conservant une vigilance sur le type de contenus et le respect du temps d’écran. Entre 12 et 15 ans, la limite idĂ©ale se situe Ă  1h30 par jour [13].

Bon Ă  savoir : au-delĂ  du temps, la prioritĂ© reste la qualitĂ© des interactions hors Ă©crans : jeux libres, lecture, activitĂ©s physiques, Ă©changes familiaux. Pour aller plus loin, dĂ©couvrez pourquoi le jeu est essentiel Ă  chaque Ă©tape de leur dĂ©veloppement 👉L’importance du jeu dans le dĂ©veloppement des enfants.

Enfin, les enfants suivent ce que vous faites plus que ce que vous dites : donnez l’exemple, instaurez des moments sans Ă©crans (repas, coucher
), et proposez un cadre clair avec des horaires dĂ©finis. C’est cette cohĂ©rence Ă©ducative qui fait toute la diffĂ©rence.

En effet, une Ă©tude a prouvĂ© que le temps d’Ă©cran que les parents et les enfants regardent est Ă©troitement liĂ©. Les enfants qui vivent dans des foyers oĂč regarder la tĂ©lĂ©vision est encouragĂ© (par exemple, les repas pris devant la tĂ©lĂ©vision et la tĂ©lĂ©vision allumĂ©e lorsque l’enfant rentre de l’Ă©cole) sont plus susceptibles de se lancer eux-mĂȘmes dans le binge-watching. Si les parents regardent la tĂ©lĂ©vision plus de quatre heures par jour, leurs fils et leurs filles auront, respectivement, 10,5 fois et 3 fois plus de chances de faire de mĂȘme [13].

Conclusion

Les Ă©crans font dĂ©sormais partie intĂ©grante de la vie familiale. UtilisĂ©s avec discernement, ils peuvent devenir un outil d’apprentissage stimulant. Mais sans cadre ni accompagnement, ils risquent de nuire au dĂ©veloppement cognitif, Ă©motionnel et social des enfants. L’enjeu est donc de trouver un juste Ă©quilibre : les Ă©crans doivent enrichir les dĂ©couvertes de l’enfant, sans jamais remplacer les moments de jeu, de lecture ou de partage en famille. 👉 Pour aller plus loin, dĂ©couvrez Comment Ă©tablir des routines saines pour les enfants : conseils pour les parents.

Bibliographie

Voir les références scientifiques

  1. Diamond A. Executive functions. Annu Rev Psychol. 2013;64:135-68. doi: 10.1146/annurev-psych-113011-143750. Epub 2012 Sep 27. PMID: 23020641; PMCID: PMC4084861.
  2. Brown TT, Jernigan TL. Brain development during the preschool years. Neuropsychol Rev. 2012 Dec;22(4):313-33. doi: 10.1007/s11065-012-9214-1. Epub 2012 Sep 25. PMID: 23007644; PMCID: PMC3511633.
  3. Bjorklund DF, Brown RD. Physical play and cognitive development: integrating activity, cognition, and education. Child Dev. 1998;69(3):604-606.
  4. Tas, Nurullah & Bolat, Yusuf & Publication, Istes. (2023). Digital Games and Gamification in Education.
  5. B Chaarani, et al. Association of video gaming with cognitive performance among children(link is external). JAMA Open Network. DOI: 10.1001/jamanetworkopen.2022.35721 (2022).
  6. Chmiliar L. Improving Learning Outcomes: The iPad and Preschool Children with Disabilities. Front Psychol. 2017;8:660. Published 2017 May 5. doi:10.3389/fpsyg.2017.00660
  7. Muppalla SK, Vuppalapati S, Reddy Pulliahgaru A, Sreenivasulu H. Effects of Excessive Screen Time on Child Development: An Updated Review and Strategies for Management. Cureus. 2023 Jun 18;15(6):e40608. doi: 10.7759/cureus.40608. PMID: 37476119; PMCID: PMC10353947.
  8. Canadian Paediatric Society, Digital Health Task Force, Ottawa, Ontario. Screen time and young children: Promoting health and development in a digital world. Paediatr Child Health. 2017 Nov;22(8):461-477. doi: 10.1093/pch/pxx123. Epub 2017 Oct 9. Erratum in: Paediatr Child Health. 2018 Feb;23(1):83. doi: 10.1093/pch/pxx197. PMID: 29601064; PMCID: PMC5823000.
  9. Karani NF, Sher J, Mophosho M. The influence of screen time on children’s language development: A scoping review. S Afr J Commun Disord. 2022 Feb 9;69(1):e1-e7. doi: 10.4102/sajcd.v69i1.825. PMID: 35144436; PMCID: PMC8905397
  10. Miedzobrodzka E, van Hooff JC, Krabbendam L, Konijn EA. Desensitized gamers? Violent video game exposure and empathy for pain in adolescents – an ERP study. Soc Neurosci. 2023 Dec;18(6):365-381. doi: 10.1080/17470919.2023.2284999. Epub 2023 Dec 6. PMID: 37990996; PMCID: PMC10721224.
  11. Veldman SLC, Altenburg TM, Chinapaw MJM, Gubbels JS. Correlates of screen time in the early years (0-5 years): A systematic review. Prev Med Rep. 2023 Apr 19;33:102214. doi: 10.1016/j.pmedr.2023.102214. PMID: 37223568; PMCID: PMC10201873.
  12. Strouse GA, Troseth GL, O’Doherty KD, Saylor MM. Co-viewing supports toddlers’ word learning from contingent and noncontingent video. J Exp Child Psychol. 2018 Feb;166:310-326. doi: 10.1016/j.jecp.2017.09.005. PMID: 28992611; PMCID: PMC5777334.
  13. Muppalla SK, Vuppalapati S, Reddy Pulliahgaru A, Sreenivasulu H. Effects of Excessive Screen Time on Child Development: An Updated Review and Strategies for Management. Cureus. 2023 Jun 18;15(6):e40608. doi: 10.7759/cureus.40608. PMID: 37476119; PMCID: PMC10353947. 

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MarlĂšne Barthelme

une photo de moi, MarlÚne, fondatrice du média Famtastique

Fondatrice et responsable Ă©ditoriale de Fam’tastique. Ancienne cheffe de projet pendant 4 ans au sein d’une entreprise europĂ©enne de complĂ©ments alimentaires, elle travaille aujourd’hui Ă  la crĂ©ation de contenus santĂ© et bien-ĂȘtre fondĂ©s sur l’analyse critique de sources scientifiques et le respect du cadre rĂ©glementaire europĂ©en. En savoir plus sur l’autrice

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