Lorsque l’on parle de nutriments essentiels Ă la santĂ©, on pense souvent au calcium, au magnĂ©sium ou au fer. Pourtant, un autre oligoĂ©lĂ©ment joue un rĂŽle tout aussi important : l’iode.
Les bienfaits de lâiode sont nombreux ! Sans lui, la glande thyroĂŻde ne peut pas fabriquer correctement les hormones thyroĂŻdiennes, qui participent notamment Ă la rĂ©gulation du mĂ©tabolisme, de la tempĂ©rature corporelle, du fonctionnement du cerveau, de la croissance et du dĂ©veloppement du systĂšme nerveux [1].
Une carence en iode, mĂȘme modĂ©rĂ©e, peut passer longtemps inaperçue. Fatigue persistante, frilositĂ©, difficultĂ©s de concentration, prise de poids inexpliquĂ©e ou encore baisse d’Ă©nergie peuvent parfois ĂȘtre liĂ©s Ă un apport insuffisant en iode. Ă l’inverse, un excĂšs d’iode peut Ă©galement perturber le fonctionnement de la thyroĂŻde [2].
Alors, Ă quoi sert rĂ©ellement l’iode ? Quels aliments en contiennent le plus ? Comment reconnaĂźtre une Ă©ventuelle carence ? Faut-il prendre un complĂ©ment alimentaire ? Existe-t-il des risques en cas d’excĂšs ?
Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce minĂ©ral essentiel au bon fonctionnement de l’organisme.
Qu’est-ce que l’iode ?
L’iode est un oligoĂ©lĂ©ment essentiel, c’est-Ă -dire un minĂ©ral dont notre organisme a besoin en trĂšs petite quantitĂ© mais qui est indispensable Ă son fonctionnement. Contrairement Ă certaines vitamines que notre corps est capable de fabriquer partiellement, l’iode doit ĂȘtre apportĂ© par l’alimentation [1].
AprĂšs son absorption au niveau de l’intestin, il circule dans le sang jusqu’Ă la glande thyroĂŻde, situĂ©e Ă la base du cou. Cette derniĂšre capte activement l’iode afin de fabriquer deux hormones essentielles : la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3) [4].
Bon Ă savoir : ces hormones influencent pratiquement toutes les cellules de l’organisme. Elles interviennent dans la production d’Ă©nergie, le dĂ©veloppement du cerveau, la croissance, le rythme cardiaque, la tempĂ©rature corporelle, le fonctionnement musculaire ou encore le renouvellement de nombreux tissus [5].
En d’autres termes, si la thyroĂŻde est souvent comparĂ©e au « chef d’orchestre » du mĂ©tabolisme, l’iode constitue l’une des matiĂšres premiĂšres indispensables Ă son fonctionnement.
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OĂč trouve-t-on naturellement l’iode ?
La quantitĂ© d’iode prĂ©sente dans les aliments dĂ©pend principalement de leur environnement.

Les produits de la mer sont les plus riches en iode. Les poissons marins, les crustacĂ©s, les coquillages et certaines algues en apportent des quantitĂ©s importantes, car les ocĂ©ans constituent le principal rĂ©servoir naturel d’iode [6].
Ă l’inverse, les aliments d’origine vĂ©gĂ©tale prĂ©sentent une teneur trĂšs variable. Celle-ci dĂ©pend directement de la richesse des sols dans lesquels ils ont poussĂ©. Dans certaines rĂ©gions du monde, les terres sont naturellement pauvres en iode, ce qui explique pourquoi les carences restent frĂ©quentes dans plusieurs pays [7].
Les produits laitiers et les Ćufs reprĂ©sentent Ă©galement une source intĂ©ressante d’iode dans de nombreux pays europĂ©ens, notamment en raison de l’alimentation des animaux et des pratiques agricoles (bĂ©tail directement supplĂ©mentĂ© en iode) [8].
Enfin, le sel iodĂ© constitue aujourd’hui une source importante d’apport pour une partie de la population. Son utilisation a permis de rĂ©duire considĂ©rablement les carences sĂ©vĂšres dans de nombreux pays, mĂȘme si les autoritĂ©s sanitaires rappellent qu’il ne faut pas augmenter sa consommation de sel dans le seul but d’augmenter ses apports en iode [3].
Les bienfaits de lâiode
Si l’iode est principalement connu pour son rĂŽle dans la thyroĂŻde, ses effets vont bien au-delĂ . En permettant la fabrication des hormones thyroĂŻdiennes, il participe indirectement au bon fonctionnement de presque tous les organes.
Il est indispensable au fonctionnement normal de la thyroĂŻde

Le rĂŽle principal de l’iode consiste Ă permettre la synthĂšse des hormones thyroĂŻdiennes.
Chaque molĂ©cule de T4 contient quatre atomes d’iode, tandis que la T3 en contient trois. Sans apport suffisant, la thyroĂŻde ne peut donc plus produire ces hormones en quantitĂ© normale [4].
Bon Ă savoir : pour compenser ce manque, l’hypophyse augmente la sĂ©crĂ©tion de TSH, une hormone chargĂ©e de stimuler la thyroĂŻde. Si cette situation persiste, la glande peut progressivement augmenter de volume, conduisant Ă la formation d’un goitre [9].
Il participe au métabolisme énergétique
Les hormones thyroĂŻdiennes jouent un rĂŽle majeur dans la façon dont l’organisme produit et utilise l’Ă©nergie.
Elles influencent la consommation d’oxygĂšne par les cellules, la production de chaleur et la vitesse Ă laquelle notre organisme transforme les nutriments issus de l’alimentation en Ă©nergie utilisable [5].
C’est notamment pour cette raison qu’une hypothyroĂŻdie peut s’accompagner d’une sensation de fatigue importante, d’une baisse d’Ă©nergie ou d’une prise de poids, tandis qu’une hyperthyroĂŻdie provoque souvent l’effet inverse.
Bon Ă savoir : il est toutefois important de rappeler que l’iode ne fait pas « maigrir ». Chez une personne dont la fonction thyroĂŻdienne est normale, augmenter ses apports en iode n’accĂ©lĂšre pas le mĂ©tabolisme et ne favorise pas la perte de poids [10]. Pour dĂ©couvrir comment retrouver un mĂ©tabolisme efficace pour favoriser la perte de poids, lisez notre article.
Il contribue au développement du cerveau

L’un des rĂŽles les plus importants de l’iode concerne le dĂ©veloppement du systĂšme nerveux, notamment pendant la grossesse et les premiĂšres annĂ©es de vie.
Durant cette période, les hormones thyroïdiennes interviennent dans :
- La formation des neurones ;
- Leur migration ;
- Leur différenciation ;
- La mise en place des connexions cérébrales [11].
Une carence sĂ©vĂšre chez la femme enceinte peut avoir des consĂ©quences importantes sur le dĂ©veloppement intellectuel de l’enfant. C’est pourquoi les besoins en iode augmentent pendant la grossesse et que les recommandations nutritionnelles sont plus Ă©levĂ©es durant cette pĂ©riode [3].
MĂȘme en dehors de la grossesse, les hormones thyroĂŻdiennes continuent d’intervenir dans certaines fonctions cognitives comme la mĂ©moire, l’attention ou la vitesse de traitement de l’information [12].
Il participe au bon fonctionnement du systĂšme nerveux
Le cerveau n’est pas le seul organe concernĂ©.
Les hormones thyroïdiennes interviennent également dans le fonctionnement du systÚme nerveux périphérique, qui permet la transmission des informations entre le cerveau, la moelle épiniÚre et le reste du corps [5].
Lorsque leur production diminue, certaines personnes peuvent ressentir une baisse de concentration, une sensation de ralentissement intellectuel, voire des troubles de la mĂ©moire. Ces symptĂŽmes ne sont pas spĂ©cifiques d’une carence en iode, mais ils peuvent s’observer en cas d’hypothyroĂŻdie [13].
Il contribue au maintien d’une peau normale
L’AutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (EFSA) reconnaĂźt que l’iode contribue au maintien d’une peau normale [14].
Ce rĂŽle s’explique principalement par son action indirecte sur la production des hormones thyroĂŻdiennes, qui influencent le renouvellement cellulaire et l’activitĂ© de nombreuses glandes de la peau.
Bon Ă savoir : en cas d’hypothyroĂŻdie, la peau devient frĂ©quemment plus sĂšche, plus rugueuse et moins souple. Les cheveux peuvent Ă©galement devenir plus secs ou plus cassants, mĂȘme si ces symptĂŽmes ne sont pas spĂ©cifiques Ă un manque d’iode [13]. DĂ©couvrez notre article pour retrouver une chevelure dense et brillante.
Il est essentiel pendant la grossesse

Parmi toutes les pĂ©riodes de la vie, la grossesse est sans doute celle oĂč les besoins en iode sont les plus importants.
Au cours des premiers mois, le fĆtus ne produit pratiquement pas ses propres hormones thyroĂŻdiennes. Il dĂ©pend donc entiĂšrement de celles de sa mĂšre, dont la production augmente progressivement afin d’assurer son propre fonctionnement ainsi que celui du futur bĂ©bĂ© [11].
En parallĂšle, les pertes urinaires d’iode augmentent et les besoins deviennent plus Ă©levĂ©s.
Les formes sĂ©vĂšres de dĂ©ficit iodĂ© sont tout de mĂȘme rares en Europe, mais elles restent responsables, dans certaines rĂ©gions du monde, de troubles neurologiques irrĂ©versibles chez l’enfant [15].
C’est pourquoi plusieurs organismes internationaux recommandent une vigilance particuliĂšre concernant les apports en iode chez les femmes enceintes et allaitantes [3, 11].
Bon Ă savoir : dans certains cas, un professionnel de santĂ© peut recommander une supplĂ©mentation adaptĂ©e. En revanche, l’automĂ©dication est dĂ©conseillĂ©e, car un excĂšs d’iode peut Ă©galement ĂȘtre prĂ©judiciable au bon fonctionnement de la thyroĂŻde [2].
OĂč acheter de l’iode de qualitĂ© ?
La plupart des personnes couvrent leurs besoins en iode grĂące Ă une alimentation variĂ©e. Cependant, dans certaines situations (grossesse, allaitement, alimentation vĂ©gĂ©talienne ou apports alimentaires insuffisants), un complĂ©ment alimentaire peut ĂȘtre recommandĂ© par un professionnel de santĂ©.
Tous les complĂ©ments d’iode ne se valent toutefois pas. Avant de faire votre choix, plusieurs critĂšres mĂ©ritent d’ĂȘtre vĂ©rifiĂ©s.
Privilégiez une source naturelle et bien identifiée
L’iode peut ĂȘtre apportĂ© sous diffĂ©rentes formes : iodure de potassium, iodate de potassium ou encore algues marines.
Les complĂ©ments Ă base d’algues peuvent constituer une excellente source d’iode, Ă condition que l’espĂšce utilisĂ©e soit clairement indiquĂ©e et que le fabricant rĂ©alise des contrĂŽles qualitĂ© rigoureux. En effet, les algues ont naturellement tendance Ă accumuler certains contaminants prĂ©sents dans leur environnement, notamment les mĂ©taux lourds. Il est donc prĂ©fĂ©rable d’opter pour un fabricant qui publie des analyses rĂ©guliĂšres et garantit la traçabilitĂ© de ses matiĂšres premiĂšres.
Choisissez un dosage adapté
Pour un adulte, les besoins journaliers sont de 150 ”g d’iode. Un complĂ©ment apportant environ cette quantitĂ© permet gĂ©nĂ©ralement de couvrir les besoins quotidiens sans dĂ©passer les recommandations nutritionnelles.
Ă l’inverse, certains complĂ©ments Ă base d’algues apportent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de microgrammes d’iode par dose. Ils ne sont pas adaptĂ©s Ă une utilisation quotidienne sans avis mĂ©dical.
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Quels sont les besoins quotidiens en iode ?
Comme tous les oligoĂ©lĂ©ments essentiels, l’iode doit ĂȘtre apportĂ© rĂ©guliĂšrement par l’alimentation. En effet, notre organisme ne dispose que de rĂ©serves limitĂ©es. Si la thyroĂŻde est capable de stocker une certaine quantitĂ© d’iode afin de maintenir temporairement la production d’hormones thyroĂŻdiennes, ces rĂ©serves ne sont pas illimitĂ©es [16].
Les besoins varient selon l’Ăąge et certaines pĂ©riodes de la vie, notamment la grossesse et l’allaitement, durant lesquelles la demande de l’organisme augmente afin d’assurer le dĂ©veloppement du bĂ©bĂ©.
Selon les rĂ©fĂ©rences nutritionnelles de l’ANSES et de l’EFSA, les apports quotidiens recommandĂ©s sont les suivants [6, 8] :
| Population | Apport recommandé |
|---|---|
| Nourrissons (7 à 11 mois) | 90 ”g / jour |
| Enfants de 1 à 6 ans | 90 ”g / jour |
| Enfants de 7 à 10 ans | 120 ”g / jour |
| Adolescents | 150 ”g / jour |
| Adultes | 150 ”g / jour |
| Femmes enceintes | 200 à 250 ”g / jour* |
| Femmes allaitantes | 200 à 250 ”g / jour* |
* Les recommandations peuvent légÚrement varier selon les organismes internationaux.
Ces besoins sont gĂ©nĂ©ralement couverts par une alimentation variĂ©e comprenant des produits de la mer, des produits laitiers, des Ćufs et, le cas Ă©chĂ©ant, du sel iodĂ©. En revanche, certaines habitudes alimentaires peuvent rendre les apports insuffisants, d’oĂč l’importance de connaĂźtre les aliments qui en contiennent le plus.
Les meilleures sources alimentaires d’iode
Contrairement Ă d’autres minĂ©raux comme le calcium ou le magnĂ©sium, l’iode n’est pas rĂ©parti de maniĂšre homogĂšne dans les aliments. Certains en apportent trĂšs peu, tandis que d’autres en sont exceptionnellement riches.
La bonne nouvelle est qu’il n’est gĂ©nĂ©ralement pas nĂ©cessaire de prendre un complĂ©ment alimentaire lorsque l’alimentation est suffisamment variĂ©e.
Les algues : les championnes de l’iode
Les algues marines sont de trĂšs loin les aliments les plus riches en iode.

Certaines espĂšces, comme le kombu, peuvent contenir plusieurs milliers de microgrammes d’iode dans une seule portion, soit largement au-dessus des besoins quotidiens d’un adulte [17].
Ă l’inverse, d’autres algues comme le nori, utilisĂ© pour prĂ©parer les sushis, en renferment beaucoup moins.
Cette variabilitĂ© explique pourquoi les autoritĂ©s sanitaires invitent Ă la prudence. Une consommation occasionnelle ne pose gĂ©nĂ©ralement pas de problĂšme, mais certaines algues trĂšs concentrĂ©es peuvent entraĂźner un apport excessif en iode lorsqu’elles sont consommĂ©es rĂ©guliĂšrement [17].
Les poissons et les fruits de mer
Les poissons marins reprĂ©sentent l’une des meilleures sources naturelles d’iode.
Le cabillaud, le lieu noir, le merlan, l’Ă©glefin ou encore le colin figurent parmi les espĂšces qui en apportent le plus [18].
Les fruits de mer, notamment les hußtres, les moules, les crevettes et certains crustacés, contribuent également de maniÚre intéressante aux apports.
Bon Ă savoir : les poissons d’eau douce sont gĂ©nĂ©ralement beaucoup moins riches en iode.
Les produits laitiers
Peu de personnes le savent, mais le lait, les yaourts et certains fromages constituent Ă©galement une source d’iode dans plusieurs pays europĂ©ens.
Cette teneur provient notamment de l’alimentation des animaux ainsi que despratiques d’Ă©levage [19].
Chez les personnes qui consomment peu de poissons, les produits laitiers représentent souvent une part importante des apports quotidiens.
Les Ćufs
Les Ćufs apportent Ă©galement de l’iode, principalement concentrĂ© dans le jaune.

MĂȘme s’ils n’en contiennent pas autant que les poissons marins, ils participent aux apports lorsqu’ils sont consommĂ©s rĂ©guliĂšrement dans le cadre d’une alimentation Ă©quilibrĂ©e. Un oeuf moyen compte environ 25 microgrammes, ce qui couvre prĂšs de 16 % des besoins quotidiens recommandĂ©s pour un adulte. L’iode se trouve principalement dans le jaune d’Ćuf.
Le sel iodé
Le sel iodé a été introduit dans de nombreux pays afin de lutter contre les carences en iode.
Son enrichissement a permis de faire reculer de maniÚre spectaculaire legoitre endémique et les formes sévÚres de carence en iode dans plusieurs régions du monde [20].
Toutefois, il est important de rappeler que les autoritĂ©s sanitaires recommandent avant tout de limiter la consommation globale de sel afin de rĂ©duire le risque d’hypertension artĂ©rielle et de maladies cardiovasculaires.
Autrement dit, le sel iodĂ© est prĂ©fĂ©rable au sel non iodĂ© lorsque l’on cuisine, mais il ne constitue pas une raison d’augmenter sa consommation de sel.
Les aliments d’origine vĂ©gĂ©tale
Les lĂ©gumes, les cĂ©rĂ©ales, les lĂ©gumineuses ou les fruits contiennent gĂ©nĂ©ralement peu d’iode.
Leur teneur dépend essentiellement de la richesse du sol dans lequel ils ont poussé. Dans certaines régions naturellement pauvres en iode, les végétaux en apportent trÚs peu [7].
C’est notamment pour cette raison que les personnes suivant une alimentation vĂ©gĂ©talienne doivent porter une attention particuliĂšre Ă leurs apports en iode.
Tableau récapitulatif des aliments riches en iode
Les aliments constituent la principale source d’iode dans l’alimentation. Certains en contiennent naturellement de grandes quantitĂ©s, tandis que d’autres en apportent trĂšs peu. Le tableau ci-dessous prĂ©sente les aliments les plus riches en iode ainsi que leur teneur moyenne [19].
| Aliment | Portion | Iode par portion (”g) |
|---|---|---|
| Produits laitiers et alternatives | ||
| Lait de vache (entier, demi-écrémé ou écrémé) | 200 g | 60 |
| Boisson végétale non enrichie | 200 g | 2 |
| Fromage à pùte dure (comté, cheddar, edam, etc.) | 40 g | 15 |
| Fromage Ă pĂąte molle (mozzarella, mascarpone, etc.) | 40 g | 8 |
| Yaourt | 150 g | 62 |
| Poissons, fruits de mer et algues | ||
| Cabillaud | 120 g | 209 |
| Aiglefin | 120 g | 352 |
| Thon en conserve | 100 g | 12 |
| Saumon | 120 g | 14 |
| Moules | 40 g (sans coquille) | 99 |
| Crevettes | 60 g | 6 |
| Langoustines (scampi) | 170 g | 162 |
| Bùtonnets de cabillaud panés | 60 g (2 bùtonnets) | 66 |
| Algue nori | 2,5 g (2 feuilles) | 37 |
| Algue wakamé | 30 g | 5 049 |
| Algue kombu | 5 g | 22 033 |
| Autres aliments | ||
| Ćufs | 100 g (â 2 Ćufs) | 50 |
| Viande et volaille | 75 g | 10 |
| Fruits Ă coque | 25 g | 5 |
| Pain blanc ou complet | 70 g (â 2 tranches) | 10 |
| Fruits et légumes | 80 g | 3 |
Bon Ă savoir : les teneurs en iode sont des valeurs moyennes par portion. Elles peuvent varier selon l’origine des aliments, les mĂ©thodes de production et les techniques d’analyse.
Quels sont les symptĂŽmes d’une carence en iode ?
La carence en iode ne provoque généralement pas de symptÎmes du jour au lendemain.
Au contraire, elle s’installe progressivement, parfois pendant plusieurs mois, voire plusieurs annĂ©es. Tant que les rĂ©serves de la thyroĂŻde permettent de maintenir une production normale d’hormones, aucun signe particulier n’apparaĂźt.
Lorsque les apports deviennent insuffisants sur une longue période, la fabrication des hormones thyroïdiennes peut diminuer, entraßnant progressivement les premiers symptÎmes [9].
Les premiers signes
Les manifestations les plus fréquentes sont relativement peu spécifiques.
On peut notamment observer :
- Une fatigue persistante ;
- Une sensation de froid plus importante que d’habitude ;
- Une baisse d’Ă©nergie ;
- Des difficultés de concentration ;
- Une mémoire moins performante ;
- Une constipation ;
- Une peau plus sĂšche ;
- Des cheveux plus cassants ;
- Une prise de poids modérée liée au ralentissement du métabolisme.
Ces symptĂŽmes ne permettent toutefois pas, Ă eux seuls, de conclure Ă une carence en iode. Ils peuvent Ă©galement ĂȘtre liĂ©s Ă de nombreuses autres causes, notamment une hypothyroĂŻdie d’origine auto-immune, une carence en fer, certains mĂ©dicaments ou d’autres maladies [13].
Le risque de goitre
Lorsque la thyroĂŻde reçoit trop peu d’iode pendant une pĂ©riode prolongĂ©e, elle tente de compenser en augmentant progressivement de volume.
Cette augmentation correspond Ă ce que l’on appelle un goitre.
Il s’agit d’un mĂ©canisme d’adaptation permettant Ă la glande de capter davantage d’iode dans le sang [19].
Dans les pays oĂč les carences sĂ©vĂšres Ă©taient frĂ©quentes, le goitre touchait autrefois une partie importante de la population. Aujourd’hui, cette situation est devenue beaucoup plus rare dans les pays industrialisĂ©s grĂące aux mesures de prĂ©vention.
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Qui prĂ©sente le plus de risque de manquer d’iode ?
La plupart des adultes en bonne santé couvrent leurs besoins grùce à une alimentation diversifiée.
En revanche, certaines catégories de population présentent un risque plus élevé de déficit.
Les femmes enceintes
Comme nous l’avons vu prĂ©cĂ©demment, les besoins augmentent de maniĂšre importante pendant la grossesse.
L’organisme doit produire davantage d’hormones thyroĂŻdiennes, tandis que les pertes urinaires augmentent. Dans le mĂȘme temps, le futur bĂ©bĂ© dĂ©pend entiĂšrement des hormones maternelles au cours des premiĂšres semaines de dĂ©veloppement [11].
C’est pourquoi plusieurs sociĂ©tĂ©s savantes recommandent une Ă©valuation des apports en iode chez les femmes enceintes.
Les femmes allaitantes

AprĂšs l’accouchement, les besoins restent Ă©levĂ©s.
L’iode est en effet naturellement concentrĂ© dans le lait maternel afin d’assurer les besoins du nourrisson, dont la thyroĂŻde est encore en plein dĂ©veloppement [15].
Une alimentation insuffisamment riche en iode peut donc diminuer les apports disponibles pour le bébé.
Les personnes végétaliennes
L’iode est principalement prĂ©sent dans les produits de la mer, les produits laitiers et les Ćufs.
Les personnes végétaliennes éliminent précisément ces trois grandes sources alimentaires.
à moins de consommer réguliÚrement des aliments enrichis ou certaines algues, leurs apports peuvent devenir insuffisants [19].
Les personnes consommant peu de poissons ou de produits laitiers
Sans ĂȘtre vĂ©gĂ©taliennes, certaines personnes mangent rarement du poisson et limitent fortement les produits laitiers.
Selon le reste de leur alimentation, leurs apports peuvent ĂȘtre relativement faibles, notamment si elles utilisent exclusivement du sel non iodĂ©.
Les personnes souffrant de certaines maladies
Certaines maladies digestives entraĂźnant une mauvaise absorption des nutriments (comme la maladie cĆliaque, la maladie de Crohn ou certaines maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) peuvent Ă©galement favoriser un dĂ©ficit.
Par ailleurs, certaines maladies de la thyroĂŻde nĂ©cessitent une prise en charge spĂ©cifique concernant les apports en iode. C’est pourquoi toute supplĂ©mentation doit ĂȘtre discutĂ©e avec un professionnel de santĂ© lorsqu’une pathologie thyroĂŻdienne est dĂ©jĂ diagnostiquĂ©e [2].
Peut-on consommer trop d’iode ?
Si l’on parle souvent des consĂ©quences d’une carence, un apport excessif en iode peut lui aussi poser problĂšme. Comme de nombreux nutriments, l’iode doit ĂȘtre consommĂ© en quantitĂ© suffisante, mais sans excĂšs.
Chez la plupart des adultes en bonne santé, un apport ponctuellement élevé est généralement bien toléré. En revanche, une consommation excessive et répétée, notamment sous forme de compléments alimentaires ou de certaines algues trÚs riches en iode, peut perturber le fonctionnement de la thyroïde [21].
Quels sont les symptĂŽmes d’un excĂšs d’iode ?
Les effets d’un apport trop important varient selon les individus.

Chez certaines personnes, aucun symptĂŽme n’apparaĂźt. Chez d’autres, notamment lorsqu’une maladie thyroĂŻdienne est dĂ©jĂ prĂ©sente, un excĂšs d’iode peut favoriser l’apparition de troubles de la thyroĂŻde [22].
Les symptÎmes dépendent alors de la maladie qui se développe.
En cas d’hyperthyroĂŻdie, on peut observer une perte de poids, des palpitations, une nervositĂ© inhabituelle, des tremblements ou une intolĂ©rance Ă la chaleur.
Ă l’inverse, chez certaines personnes prĂ©disposĂ©es, un excĂšs d’iode peut paradoxalement entraĂźner une diminution de la production d’hormones thyroĂŻdiennes et provoquer des symptĂŽmes proches de ceux de l’hypothyroĂŻdie [23].
Les personnes qui doivent ĂȘtre particuliĂšrement vigilantes
La prudence est recommandée chez les personnes présentant déjà une pathologie thyroïdienne, notamment :
- une thyroĂŻdite de Hashimoto ;
- une maladie de Basedow ;
- un goitre multinodulaire ;
- certains nodules thyroĂŻdiens autonomes.
Chez ces personnes, toute supplĂ©mentation en iode doit ĂȘtre discutĂ©e avec un mĂ©decin ou un endocrinologue [2].
Bon Ă savoir : les autoritĂ©s sanitaires fixent Ă©galement un niveau maximal de sĂ©curitĂ© de 600 ”g d’iode par jour chez l’adulte afin de limiter les risques liĂ©s Ă une consommation chronique excessive [6].
Peut-on associer l’iode Ă d’autres nutriments ?
L’iode ne travaille pas seul. La fabrication et l’action des hormones thyroĂŻdiennes dĂ©pendent Ă©galement de plusieurs autres nutriments.
Le sélénium
Le sélénium intervient dans la conversion de la T4 en T3, la forme biologiquement la plus active des hormones thyroïdiennes [24, 25].
Le fer
Une carence en fer peut diminuer l’activitĂ© de la thyroĂŻde, mĂȘme lorsque les apports en iode sont suffisants [26, 25].

Le zinc
Le zinc participe également au fonctionnement normal de la glande thyroïde et intervient dans plusieurs réactions enzymatiques impliquées dans le métabolisme des hormones thyroïdiennes [27].
La vitamine A
La vitamine A contribue Ă la rĂ©gulation de certains mĂ©canismes impliquĂ©s dans le fonctionnement de la thyroĂŻde et pourrait interagir avec le mĂ©tabolisme de l’iode [28].
C’est pourquoi une alimentation Ă©quilibrĂ©e reste prĂ©fĂ©rable Ă une approche consistant Ă se concentrer sur un seul nutriment.
Ă retenir
L’iode est un oligoĂ©lĂ©ment indispensable au fonctionnement de la thyroĂŻde et, par consĂ©quent, Ă de nombreuses fonctions essentielles de l’organisme. Il participe Ă la production des hormones thyroĂŻdiennes, qui interviennent notamment dans le mĂ©tabolisme, le dĂ©veloppement cĂ©rĂ©bral, le fonctionnement du systĂšme nerveux et la croissance.
Dans la plupart des cas, une alimentation variĂ©e permet de couvrir les besoins quotidiens. Les poissons, les fruits de mer, les produits laitiers, les Ćufs et le sel iodĂ© constituent les principales sources alimentaires.
Certaines populations, comme les femmes enceintes, les femmes allaitantes ou les personnes végétaliennes, doivent toutefois porter une attention particuliÚre à leurs apports.
Enfin, si une carence peut avoir des consĂ©quences importantes, notamment pendant la grossesse, un excĂšs d’iode n’est pas souhaitable non plus. En cas de doute ou de maladie de la thyroĂŻde, il est prĂ©fĂ©rable de demander conseil Ă un professionnel de santĂ© avant de prendre un complĂ©ment alimentaire.
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- Aliments riches en magnĂ©sium â les meilleures sources pour couvrir vos besoins naturellement
- Fer â indispensable au transport de l’oxygĂšne et Ă la rĂ©duction de la fatigue
- SĂ©lĂ©nium â lâalliĂ© de la thyroĂŻde, de lâimmunitĂ© et de la fertilitĂ©
- Zinc â un minĂ©ral essentiel pour l’immunitĂ©, la peau et les cheveux
- Cuivre â un oligo-Ă©lĂ©ment essentiel pour l’Ă©nergie et les dĂ©fenses naturelles
- Sodium â indispensable Ă l’Ă©quilibre hydrique et au fonctionnement nerveux
- MinĂ©raux et santĂ© des os â le rĂŽle du calcium, du magnĂ©sium et des autres nutriments
FAQ : Foire aux Questions
Quels sont les premiers symptĂŽmes d’un manque d’iode ?
Une fatigue persistante, une sensation de froid, une peau plus sĂšche, une constipation, des difficultĂ©s de concentration ou encore une baisse d’Ă©nergie peuvent parfois ĂȘtre observĂ©es. Ces symptĂŽmes restent toutefois peu spĂ©cifiques et peuvent avoir de nombreuses autres causes.
Peut-on prendre de l’iode tous les jours ?
Oui, l’iode est un nutriment essentiel qui doit ĂȘtre apportĂ© quotidiennement par l’alimentation. En revanche, la prise d’un complĂ©ment alimentaire ne doit pas ĂȘtre systĂ©matique et doit ĂȘtre adaptĂ©e aux besoins de chacun.
L’iode fait-il maigrir ?
Non. Chez une personne dont la fonction thyroĂŻdienne est normale, augmenter les apports en iode ne permet pas d’accĂ©lĂ©rer le mĂ©tabolisme ni de perdre du poids.
Les algues sont-elles une bonne source d’iode ?
Oui, mais certaines espĂšces sont extrĂȘmement riches en iode. Le kombu, par exemple, peut apporter plusieurs fois les besoins quotidiens dans une seule portion. Leur consommation doit donc rester raisonnable.
Peut-on prendre de l’iode lorsqu’on souffre de Hashimoto ?
Il est dĂ©conseillĂ© de dĂ©buter une supplĂ©mentation sans avis mĂ©dical. Les personnes atteintes d’une thyroĂŻdite de Hashimoto ont gĂ©nĂ©ralement besoin d’apports normaux en iode, mais les excĂšs peuvent ĂȘtre problĂ©matiques.
Peut-on ĂȘtre allergique Ă l’iode ?
Non, il n’existe pas d’allergie Ă l’iode en lui-mĂȘme. L’iode est un oligoĂ©lĂ©ment indispensable au fonctionnement de l’organisme et naturellement prĂ©sent dans de nombreux aliments. Les rĂ©actions attribuĂ©es Ă tort Ă l’iode sont le plus souvent liĂ©es Ă d’autres substances, comme certaines protĂ©ines des fruits de mer ou des composants prĂ©sents dans les produits de contraste utilisĂ©s lors d’examens mĂ©dicaux. En cas de doute ou d’antĂ©cĂ©dent de rĂ©action allergique, il est important de demander l’avis d’un professionnel de santĂ© avant toute supplĂ©mentation.
Comment savoir si l’on manque d’iode ?
Il n’existe pas de symptĂŽme spĂ©cifique permettant d’affirmer qu’une personne souffre d’une carence en iode. Le diagnostic repose avant tout sur le contexte alimentaire, l’examen clinique et, si nĂ©cessaire, des examens complĂ©mentaires. Chez un individu, la mesure de l’iode dans les urines (iodurie) permet d’Ă©valuer les apports rĂ©cents, mais elle varie beaucoup d’un jour Ă l’autre. C’est pourquoi elle est surtout utilisĂ©e pour Ă©valuer le statut en iode d’une population plutĂŽt que pour diagnostiquer une carence individuelle [3]. En prĂ©sence de symptĂŽmes Ă©vocateurs d’un trouble de la thyroĂŻde, un mĂ©decin peut Ă©galement prescrire un bilan thyroĂŻdien comprenant notamment la TSH et, selon les situations, les hormones T4 et T3. Si une maladie thyroĂŻdienne est suspectĂ©e, d’autres examens pourront ĂȘtre nĂ©cessaires.
Pourquoi dit-on que l’iode est radioactif ?
L’iode prĂ©sent dans l’alimentation et les complĂ©ments alimentaires n’est pas radioactif. Cette confusion vient du fait qu’il existe des isotopes radioactifs de l’iode, comme l’iode-131, utilisĂ©s en mĂ©decine nuclĂ©aire pour diagnostiquer ou traiter certaines maladies de la thyroĂŻde. Lors d’accidents nuclĂ©aires, de l’iode radioactif peut Ă©galement ĂȘtre rejetĂ© dans l’environnement. Il ne faut donc pas confondre l’iode stable, indispensable au bon fonctionnement de l’organisme, avec l’iode radioactif, qui n’est utilisĂ© que dans des contextes mĂ©dicaux ou exceptionnels.
Bibliographie
Voir les références scientifiques
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MarlĂšne Barthelme
Fondatrice et responsable Ă©ditoriale de Famâtastique. Ancienne cheffe de projet pendant 4 ans au sein dâune entreprise europĂ©enne de complĂ©ments alimentaires, elle travaille aujourdâhui Ă la crĂ©ation de contenus santĂ© et bien-ĂȘtre fondĂ©s sur lâanalyse critique de sources scientifiques et le respect du cadre rĂ©glementaire europĂ©en. En savoir plus sur lâautrice
