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Les perturbateurs endocriniens dans le quotidien des familles : invisibles mais partout, comment les éviter ?

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Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques capables d’interférer avec notre système hormonal, en imitant ou bloquant l’action naturelle des hormones. Selon l’Organisation mondiale de la santé [1] et l’Agence nationale de sécurité sanitaire [2], ils se cachent partout : dans l’air, l’eau, les aliments, les cosmétiques ou encore les objets que nous utilisons chaque jour.

Leur impact sur la santé est majeur, car le système hormonal régule des fonctions essentielles comme la croissance, la reproduction ou le métabolisme. Les plus vulnérables ? Les femmes enceintes, les fœtus, les enfants et les adolescents, dont l’organisme est particulièrement sensible à ces déséquilibres [1, 3].

Dans cet article, je vous propose de comprendre où se nichent les perturbateurs endocriniens et comment les éviter concrètement, sans transformer votre quotidien familial.

I. Comprendre l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé

1. Comment agissent-ils sur le système hormonal ?

Illustration d'un homme où l'on voit sa thyroïde dans le cou.

Les perturbateurs endocriniens agissent en brouillant les signaux naturels de notre système hormonal. Certains imitent l’action d’une hormone, (c’est le cas du bisphénol A, qui reproduit celle des œstrogènes [4]), tandis que d’autres bloquent les récepteurs hormonaux, empêchant l’hormone naturelle d’agir. D’autres encore perturbent la régulation de la production ou de la dégradation des hormones [1].

Les organes les plus sensibles à ces déséquilibres sont la thyroïde, qui contrôle le métabolisme, l’appareil reproducteur, et le cerveau, particulièrement vulnérable pendant le développement fœtal et l’enfance [3].

2. Conséquences documentées des perturbateurs endocriniens

De nombreuses études ont mis en évidence leurs effets potentiels sur la santé. L’Inserm a notamment confirmé une baisse de la fertilité associée à l’exposition à certaines substances comme les phtalates [5]. Les troubles du développement chez l’enfant [6], les cancers hormonodépendants (sein, prostate) [5, 7] ou encore des liens suspectés avec l’obésité, le diabète [8] et les troubles de l’attention [6] figurent parmi les conséquences les plus étudiées.

💡 Bon à savoir : l’exposition tout au long de la vie pourrait également influencer la qualité du vieillissement des seniors. Les recherches s’intéressent de plus en plus au rôle des perturbateurs endocriniens dans l’apparition ou l’aggravation de maladies liées à l’âge, telles que les maladies neurodégénératives (comme la maladie d’Alzheimer) [9], l’ostéoporose [10] ou le déclin métabolique [8].

L’idée est que la perturbation hormonale chronique, même à faible dose, contribuerait à accélérer certains processus de vieillissement de l’organisme.

II. Où se cachent les perturbateurs endocriniens dans la vie quotidienne ?

Ils sont invisibles, inodores, mais bel et bien présents dans notre environnement. Que ce soit dans la cuisine, la salle de bain ou même dans l’air que nous respirons, les perturbateurs endocriniens s’invitent partout dans notre quotidien.

1. Dans la cuisine

C’est souvent la principale porte d’entrée.

Poêle en téflon (perturbateurs endocriniens) avec de l'huile qui brûle.
  • Alimentation : certains fruits, légumes ou céréales contiennent des résidus de pesticides [11] ; les plats industriels, eux, renferment parfois des additifs et conservateurs soupçonnés de déséquilibrer le système hormonal. Les emballages plastiques, surtout chauffés, peuvent relâcher des substances comme le bisphénol A ou les phtalates dans les aliments [12].
  • Ustensiles et contenants : le téflon usé, certains films alimentaires et boîtes en plastique peuvent également libérer des composés indésirables [13].
  • Eau du robinet : elle peut contenir des traces de médicaments, de perturbateurs chimiques ou de métaux lourds, même à faible dose [14].

2. Dans la salle de bain

Nos produits de beauté et d’hygiène sont parmi les plus concernés.

  • Les cosmétiques (crèmes, shampoings, déodorants, maquillage) contiennent souvent des parabènes, du triclosan ou des filtres UV chimiques comme l’octocrylène, capables d’imiter les hormones et donc de de perturber le système endocrinien [15].
  • Les produits pour bébés (lingettes, shampoings, laits corporels) peuvent aussi renfermer des substances nocives, malgré leur image de douceur et de sécurité [16].

3. Dans la maison

Nos intérieurs abritent bien plus que du confort.

Produits ménagers remplis de perturbateurs endocriniens dans un saut.
  • Le mobilier, les peintures, les tapis et certains textiles traités contiennent des retardateurs de flamme ou des composés perfluorés (PFAS) [13, 17].
  • La poussière est un vecteur d’exposition important à un mélange de PE, notamment les phtalates et les retardateurs de flamme [18, 19].
  • Les jouets en plastique non certifiés, tout comme certains produits ménagers (désinfectants, solvants, ammoniums quaternaires), peuvent diffuser des perturbateurs dans l’air ambiant.
  • Les détergents et produits d’entretien, surtout ceux contenant parfums synthétiques, conservateurs (comme certains parabènes) ou agents antibactériens, peuvent également libérer des composés susceptibles d’agir comme perturbateurs endocriniens.

4. À l’extérieur

Même en plein air, l’exposition continue.

Les gaz d’échappement (HAP), la pollution de l’air, les désherbants ou pesticides utilisés dans les parcs et jardins contiennent des substances reconnues pour leur effet sur le système hormonal [1, 9]. Ces expositions répétées, même à faibles doses, peuvent s’accumuler au fil du temps, d’où l’importance de petits gestes quotidiens pour les limiter.

III. Comment éviter les perturbateurs endocriniens ?

Bonne nouvelle : il est possible de réduire fortement son exposition aux perturbateurs endocriniens sans bouleverser toute son organisation. Quelques réflexes simples suffisent à faire une vraie différence.

1. Dans l’alimentation et l’eau

L’alimentation est l’une des principales sources d’exposition, mais aussi celle sur laquelle on peut agir le plus facilement.

Un jardinier qui montre fièrement sa récolte de légumes bio.
  • Privilégiez le bio pour les fruits, légumes et céréales les plus traités : cela réduit l’ingestion de pesticides [20].
  • Utilisez des contenants en verre, inox ou céramique, plus sûrs que les plastiques [12].
  • Ne chauffez jamais vos aliments dans du plastique, même au micro-ondes, car la chaleur favorise la migration des substances chimiques vers les aliments [12].
  • Mangez de saison, cuisinez maison quand c’est possible et limitez les produits ultra-transformés, souvent riches en additifs et emballés dans des plastiques contenant des perturbateurs.

💡 Bon à savoir : filtrer son eau, un réflexe utile pour réduire les polluants ! Même si l’eau du robinet en France respecte les normes sanitaires, elle peut contenir des traces de perturbateurs endocriniens, de résidus médicamenteux ou de polluants éternels (PFAS), dont certains sont suspectés d’effets à long terme sur la santé [14].

👉 Pour limiter cette exposition, vous pouvez :

  • Utiliser une carafe filtrante certifiée, en changeant régulièrement la cartouche ;
  • Installer un système de filtration à charbon actif ou un filtre à osmose inverse, particulièrement efficace contre les PFAS et les métaux lourds ;
  • Éviter les filtres bas de gamme non certifiés, qui peuvent relâcher d’autres substances dans l’eau.
Système de filtre à eau à osmose inverse, anti perturbateurs endocriniens.

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Pour en savoir plus sur ce sujet préoccupant, découvrez notre article : ➡️ Contamination de l’eau potable par des polluants éternels (PFAS) : un danger invisible ?

2. Dans la salle de bain

Les cosmétiques sont souvent une source insoupçonnée de perturbateurs endocriniens.

  • Prenez l’habitude de lire les listes INCI et d’éviter les ingrédients tels que paraben, PEG, phenoxyethanol ou triclosan [15].
  • Préférez les produits labellisés Cosmos Organic, Ecocert ou Slow Cosmétique, qui garantissent une formulation plus respectueuse de la santé et de l’environnement.
  • Pour les bébés et femmes enceintes, choisissez des soins sans parfum, sans conservateurs et sans colorants, afin de minimiser tout risque d’exposition dès les premiers mois de vie.

3. Éviter les perturbateurs endocriniens dans la maison

Notre intérieur peut concentrer un grand nombre de polluants chimiques, souvent invisibles.

  • Aérez chaque jour, même en hiver, pour renouveler l’air et évacuer les composés volatils [17] ;
  • Dépoussiérez régulièrement : la poussière est un véritable “réservoir” de perturbateurs [18, 19] ;
  • Évitez les désodorisants d’intérieur, bougies parfumées et sprays, souvent riches en solvants et parfums synthétiques ;
  • Choisissez des peintures, vernis et meubles sans COV (composés organiques volatils) [17] ;
  • Nettoyez naturellement : vinaigre blanc, bicarbonate de soude, savon noir — des solutions économiques, écologiques et sûres.

IV. Spécial enfants et femmes enceintes : vigilance renforcée face aux perturbateurs endocriniens

Une jeune maman qui allaite son bébé assise sur un canapé.

Les femmes enceintes et les jeunes enfants sont les plus exposés aux risques liés aux perturbateurs endocriniens. Leurs organismes sont encore en plein développement, et le système hormonal y joue un rôle central dans la croissance, la maturation cérébrale et la mise en place des fonctions reproductrices. Une exposition, même à de très faibles doses, peut donc avoir des effets durables sur la santé future de l’enfant [3, 5].

Selon Santé publique France [21], les périodes de la grossesse et de la petite enfance constituent des fenêtres de vulnérabilité majeures. L’agence recommande d’adopter des gestes simples pour limiter le contact avec ces substances :

  • Éviter les plastiques chauffés (biberons, boîtes repas, tétines non certifiées sans BPA).
  • Privilégier les jouets en bois non vernis plutôt qu’en PVC souple, souvent riche en phtalates.
  • Choisir des produits de soin sans parfum, sans conservateurs ni colorants, spécialement formulés pour les bébés et les futures mamans [17].

Ces précautions, sans être contraignantes, peuvent réduire significativement l’exposition et protéger la santé à long terme.

V. Comment s’y retrouver parmi les labels et les applications ?

Entre les emballages promettant des formules “naturelles” et les mentions “sans parabènes” un peu trop marketing, il n’est pas toujours facile de distinguer le vrai du faux. Heureusement, certains labels officiels et applications indépendantes peuvent vous aider à faire des choix plus sûrs.

✅ Les labels de confiance à connaître

  • Ecolabel européen : garantit un impact limité sur la santé et l’environnement pour les produits ménagers ;
  • Cosmebio et Ecocert : assurent qu’au moins 95 % des ingrédients sont d’origine naturelle et qu’aucun ingrédient controversé (parabènes, silicones, PEG, etc.) n’est présent ;
  • Label AB (Agriculture Biologique) : garantit des produits alimentaires issus d’une agriculture sans pesticides de synthèse ni engrais chimiques ;
  • Oeko-Tex : certifie les textiles sans substances nocives, idéal pour les vêtements et le linge de maison.

📱 Les applications qui décryptent pour vous

  • Yuka : scanne les produits alimentaires et cosmétiques, et note leur composition selon les risques pour la santé ;
  • INCI Beauty : détaille chaque ingrédient des produits de beauté, avec des explications simples et un code couleur ;
  • QuelCosmetic (UFC-Que Choisir) : permet d’évaluer la sécurité des cosmétiques selon le profil de l’utilisateur (enfant, femme enceinte, etc.) ;
  • Scan4Chem : informe sur la présence de substances dangereuses dans les articles de consommation, en lien avec la réglementation européenne REACH.

⚠️ Leurs limites à garder en tête

Ces outils restent de bons repères, mais ils ne sont pas infaillibles :

  • Les bases de données ne sont pas toujours exhaustives ou mises à jour au même rythme que les réglementations ;
  • Certaines notations reposent sur des interprétations différentes de la dangerosité d’un ingrédient ;
  • Un produit mal noté n’est pas forcément dangereux, et inversement.

L’idéal est donc d’utiliser ces outils comme guides complémentaires, tout en gardant un œil critique et en privilégiant les produits les plus simples, les moins transformés et les mieux étiquetés.

Conclusion

Les perturbateurs endocriniens sont partout, mais ils ne sont pas une fatalité. En comprenant où ils se cachent et comment ils agissent, chacun peut réduire significativement son exposition au quotidien. Adopter des gestes simples — choisir des produits bruts, aérer son logement, lire les étiquettes — suffit déjà à alléger la charge chimique qui pèse sur notre organisme.

L’essentiel est d’y aller progressivement, sans tomber dans la peur ni la culpabilité. Remplacer un produit à la fois, privilégier le verre plutôt que le plastique ou opter pour des cosmétiques labellisés : chaque petit pas compte, surtout pour la santé des enfants et des générations à venir.

👉 Pour aller plus loin, découvrez aussi notre article : Produits bio pas chers : nos meilleures astuces pour toute la famille, un guide pratique pour manger sainement et à moindre coût !

Bibliographie

Voir les références scientifiques

  1. WHO/UNEP. (2013). State of the Science of Endocrine Disrupting Chemicals – 2012. Organisation Mondiale de la Santé.
  2. ANSES. (2021). Perturbateurs endocriniens. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
  3. Gore, A. C., et al. (2015). EDC-2: The Endocrine Society’s Second Scientific Statement on Endocrine-Disrupting Chemicals. Endocrine Reviews, 36(6), E1–E150.
  4. Rubin, B. S. (2011). Bisphenol A: an endocrine disruptor with widespread exposure and multiple effects. The Journal of Steroid Biochemistry and Molecular Biology, 127(1-2), 27–34.
  5. Inserm. (2021). Perturbateurs endocriniens. Expertise collective. EDP Sciences.
  6. Braun, J. M. (2017). Early-life exposure to EDCs: role in childhood obesity and neurodevelopment. Nature Reviews Endocrinology, 13(3), 161–173.
  7. Darbre, P. D. (2015). The potential for chemicals to affect breast cancer risk. Journal of Applied Toxicology, 35(9), 995-1002.
  8. Heindel, J. J., et al. (2017). Metabolism disrupting chemicals and metabolic disorders. Reproductive Toxicology, 68, 3–33.
  9. Cannon JR, Greenamyre JT. The role of environmental exposures in neurodegeneration and neurodegenerative diseases. Toxicol Sci. 2011 Dec;124(2):225-50. doi: 10.1093/toxsci/kfr239. Epub 2011 Sep 13. PMID: 21914720; PMCID: PMC3216414.
  10. Bruner-Tran KL, Resuehr D, Ding T, Lucas JA, Osteen KG. The Role of Endocrine Disruptors in the Epigenetics of Reproductive Disease and Dysfunction: Potential Relevance to Humans. Curr Obstet Gynecol Rep. 2012 Sep 1;1(3):116-123. doi: 10.1007/s13669-012-0014-7. PMID: 24932427; PMCID: PMC4056573.
  11. Nicolopoulou-Stamati, P., et al. (2016). Chemical Pesticides and Human Health: The Urgent Need for a New Concept in Agriculture. Frontiers in Public Health, 4, 148.
  12. Geueke, B. (2016). Food packaging in the circular economy: Overview of chemical safety aspects for commonly used materials. Journal of Cleaner Production, 117, 1-14.
  13. Sunderland, E. M., et al. (2019). A review of the pathways of human exposure to poly- and perfluoroalkyl substances (PFASs) and present understanding of health effects. Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology, 29(2), 131–147.
  14. ITRC. (2023). Per- and Polyfluoroalkyl Substances (PFAS). Interstate Technology & Regulatory Council.
  15. A. Barbaud, C. Lafforgue. Risks Associated with Cosmetic Ingredients. Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, 2021, 148 (2), pp.77–93. ff10.1016/j.annder.2020.04.027ff. ffhal-03892132f
  16. Daniel S, Balalian AA, Insel BJ, et al. Prenatal and early childhood exposure to phthalates and childhood behavior at age 7 years. Environ Int. 2020;143:105894. doi:10.1016/j.envint.2020.105894
  17. Sathyanarayana, S., et al. (2018). Phthalates and other additives in plastics: human exposure and associated health outcomes. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 374(1767), 20170180.
  18. Weschler, C. J., & Nazaroff, W. W. (2012). SVOC exposure indoors: fresh look at dermal pathways. Indoor Air, 22(5), 356-377. https://doi.org/10.1111/j.1600-0668.2012.00772.x
  19. Mitro, S. D., et al. (2016). Consumer Product Chemicals in Indoor Dust: A Quantitative Meta-analysis of U.S. Studies. Environmental Science & Technology, 50(19), 10661–10672. https://doi.org/10.1021/acs.est.6b02023
  20. Baudry, J., et al. (2018). Association of Frequency of Organic Food Consumption With Cancer Risk: Findings From the NutriNet-Santé Prospective Cohort Study. JAMA Internal Medicine, 178(12), 1597–1606. https://doi.org/10.1001/jamainternmed.2018.4357
  21. Santé Publique, Quelle période de la vie est la plus vulnérable aux perturbateurs endocriniens, 2020.

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Marlène Barthelme

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Fondatrice et responsable éditoriale de Famtastique. Après plusieurs années dans le monde de la santé naturelle, je décide de venir en aide aux familles de façon plus générale ✨