Aller au contenu

Personne âgée qui ne mange plus : causes fréquentes

5
(2)

La perte d’appétit est un problème fréquent chez les personnes âgées. Lorsqu’une personne âgée ne mange plus ou mange beaucoup moins qu’auparavant, il est naturel de s’interroger. Si cette situation peut parfois être passagère, elle ne doit jamais être banalisée lorsqu’elle persiste. Une diminution durable de l’envie de manger peut entraîner une perte de poids, une fonte musculaire, une fragilité accrue, une baisse des défenses immunitaires et une diminution de l’autonomie.

Pourquoi une personne âgée ne mange plus ? Quelles sont les causes les plus fréquentes et quand faut-il consulter ? Voici ce qu’il faut savoir.

Pourquoi une personne âgée ne mange plus ?

Contrairement à une idée reçue, vieillir ne signifie pas forcément perdre l’envie de manger. Pourtant, de nombreuses personnes âgées constatent qu’elles terminent plus difficilement leurs repas ou qu’elles sautent parfois un déjeuner sans même s’en rendre compte.

Ce phénomène, que les chercheurs appellent parfois l’anorexie du vieillissement, est en réalité le résultat de plusieurs mécanismes qui s’additionnent progressivement. L’estomac se vide un peu plus lentement, certaines hormones qui régulent la faim évoluent, le goût et l’odorat deviennent moins performants et l’activité physique diminue. Résultat : la sensation de faim apparaît moins souvent et la satiété arrive plus rapidement.

À cela viennent souvent s’ajouter des problèmes de santé ou des traitements médicamenteux qui accentuent encore davantage cette perte d’appétit.

💡 Bon à savoir : beaucoup de familles pensent qu’il est normal qu’une personne âgée mange de moins en moins. En réalité, une perte d’appétit durable n’est jamais anodine. Elle peut être le premier signe d’une maladie, d’une dénutrition ou d’un traitement mal toléré. Plus elle est prise en charge tôt, plus il est facile d’éviter une perte de poids importante.

Les principales causes d’une perte d’appétit chez les seniors

Les maladies chroniques peuvent couper l’envie de manger

Lorsqu’une personne souffre d’une maladie chronique, il est fréquent que son appétit diminue. Ce n’est pas seulement lié à la fatigue. Certaines maladies provoquent une inflammation permanente qui modifie les mécanismes de la faim, tandis que d’autres entraînent des douleurs, un essoufflement ou des nausées qui rendent les repas moins agréables.

Un docteur tient en main des radiographies ou IRM d'un cerveau.

C’est notamment le cas de nombreuses pathologies comme les cancers, l’insuffisance cardiaque, les maladies rénales chroniques, certaines maladies respiratoires ou encore les maladies neurodégénératives telles que Parkinson ou Alzheimer.

Chez une personne âgée, une perte d’appétit inexpliquée qui apparaît brutalement mérite donc toujours d’être discutée avec un médecin. Certaines maladies particulièrement concernées sont :

  • Les cancers ;
  • Les maladies rénales ;
  • L’insuffisance cardiaque ;
  • Les maladies neurologiques ;
  • Les maladies du foie.

Les médicaments sont souvent en cause

À partir d’un certain âge, il n’est pas rare de prendre plusieurs traitements en même temps. Or certains médicaments ont pour effet secondaire de diminuer l’appétit, parfois de manière très discrète.

Ils peuvent provoquer des nausées, modifier le goût des aliments, donner une sensation de bouche sèche ou entraîner une constipation qui coupe l’envie de manger.

💡 Bon à savoir : les opioïdes, certains antibiotiques, des antidépresseurs, certains traitements cardiovasculaires ou encore les chimiothérapies figurent parmi les médicaments les plus fréquemment associés à une baisse de l’appétit.

Les troubles bucco-dentaires

Une mauvaise santé bucco-dentaire constitue une cause très fréquente de diminution des apports alimentaires.

Par exemple, des douleurs dentaires, des prothèses mal adaptées, une perte de dents, une sécheresse buccale, des difficultés à mâcher sont autant de gênes qui peuvent empêcher de vouloir manger.

Lorsque manger devient douloureux, les repas sont souvent écourtés ou évités.

Une diminution du goût et de l’odorat

Avec l’âge, les capacités gustatives et olfactives diminuent progressivement. Les aliments semblent moins savoureux, ce qui réduit le plaisir de manger.

💡 Bon à savoir : le tabac, certains médicaments ou une infection récente peuvent également aggraver cette perte sensorielle.

La dépression et l’isolement social

Le moral influence directement l’appétit. Chez les seniors, la solitude, le deuil, la perte d’autonomie ou la dépression sont des causes fréquentes de perte d’appétit.

À l’inverse, partager les repas avec d’autres personnes améliore souvent les apports alimentaires.

Les troubles digestifs

Une personne âgée qui souffre de maux de ventre.

Plusieurs troubles digestifs peuvent entraîner une diminution de l’envie de manger :

  • Une constipation chronique ;
  • Des reflux gastro-œsophagien ;
  • Une gastrite ;
  • Des nausées ;
  • Une vidange gastrique ralentie.

Ces symptômes favorisent une sensation de lourdeur après les repas.

Les difficultés de déglutition

La dysphagie est fréquente chez les personnes âgées, notamment après un AVC ou en cas de maladie neurologique.

La peur de s’étouffer conduit parfois à réduire fortement les quantités consommées.

Les troubles cognitifs

La maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence peuvent modifier profondément le comportement alimentaire. Certaines personnes oublient de manger, ne reconnaissent plus les aliments ou perdent tout simplement l’envie de s’alimenter.

Les carences nutritionnelles

Une alimentation insuffisante peut favoriser certaines carences qui entretiennent elles-mêmes la fatigue et la perte d’appétit.

Les déficits en zinc, vitamine B12 et en fer peuvent notamment contribuer à une altération du goût ou à une baisse de l’état général.

Quels sont les risques lorsqu’une personne âgée ne mange plus ?

Une perte d’appétit prolongée expose rapidement à plusieurs complications :

  • Dénutrition ;
  • Perte de masse musculaire (sarcopénie) ;
  • Augmentation du risque de chutes ;
  • Diminution des défenses immunitaires ;
  • Retard de cicatrisation ;
  • Perte d’autonomie ;
  • Hospitalisations plus fréquentes.

Chez les personnes âgées, quelques kilos perdus en quelques semaines peuvent déjà avoir un impact important sur la santé.

Comment stimuler l’appétit chez une personne âgée ?

La première étape consiste à identifier la cause de cette perte d’appétit. Si elle est liée à un médicament, à une maladie ou à un problème bucco-dentaire, leur prise en charge permet souvent d’améliorer la situation.

En parallèle, quelques mesures simples peuvent aider à retrouver l’envie de manger. Proposer plusieurs petits repas plutôt que deux ou trois repas copieux est souvent mieux accepté. Il peut également être utile d’enrichir les plats en protéines et en calories lorsque les quantités consommées sont faibles, de privilégier les aliments appréciés par la personne et de partager les repas en famille ou avec des proches, car la convivialité stimule souvent l’appétit.

Enfin, lorsque l’état de santé le permet, une activité physique régulière, même modérée, contribue à entretenir la masse musculaire et peut également favoriser le retour de la sensation de faim.

Si la perte d’appétit s’accompagne d’une perte de poids importante ou d’une diminution de l’état général, un avis médical est indispensable afin d’éviter une dénutrition et d’en rechercher la cause.

Quand consulter si une personne âgée ne mange plus ?

Un médecin ausculte une personne âgée qui ne mange plus.

Il est recommandé de consulter un professionnel de santé si la perte d’appétit :

  • Dure plus de deux semaines ;
  • S’accompagne d’une perte de poids involontaire ;
  • Entraîne une fatigue importante ;
  • Provoque des difficultés à réaliser les activités du quotidien ;
  • Est associée à de la fièvre, des douleurs, des vomissements ou des difficultés à avaler.

Une prise en charge précoce permet souvent de limiter les complications et d’améliorer rapidement l’état nutritionnel.

Conclusion

La perte d’appétit chez les seniors est fréquente, mais elle ne doit jamais être considérée comme une conséquence normale du vieillissement. Qu’elle soit liée à une maladie, à un traitement, à des difficultés pour manger ou à un isolement social, il est important d’en identifier rapidement la cause afin de prévenir la dénutrition, de préserver la masse musculaire et de maintenir l’autonomie le plus longtemps possible.

Au-delà de la prise en charge médicale, l’alimentation et les habitudes de vie jouent un rôle essentiel pour bien vieillir et préserver sa santé au quotidien. Pour aller plus loin, découvrez également notre guide complet : Bien vieillir : l’importance de l’alimentation et des habitudes de vie.

Bibliographie

Voir les références scientifiques

À découvrir également

👉 Vous souhaitez préserver votre santé, votre autonomie et votre vitalité en avançant en âge ? Découvrez nos autres guides complets en cliquant ici !

  • Bien vieillir → les habitudes essentielles pour rester en bonne santé plus longtemps
  • Collagène → mythe ou véritable allié pour la peau, les os et les articulations ?
  • Compléments pour les articulations → glucosamine, chondroïtine et autres alliés naturels
  • Ergothionéine → un puissant antioxydant étudié contre le vieillissement cellulaire
  • Glutathion → le principal antioxydant de l’organisme
  • N-acétylcystéine (NAC) → un soutien pour le foie, les poumons et l’immunité
  • PQQ → une molécule étudiée pour l’énergie et les fonctions cognitives
  • Vitamine D → l’alliée des os, de l’immunité et du moral
  • Prostate → comprendre son rôle, les symptômes et les solutions disponibles
  • Cancer de la prostate → tout savoir sur le dépistage et les traitements
  • Problèmes d’érection → les solutions naturelles disponibles en pharmacie

🌱 Voir tous nos guides pour bien vieillir

Avez-vous apprécié notre article ?

Cliquez sur les étoiles pour nous donner votre avis

Note moyenne 5 / 5. Nombre de votes 2

Aucun vote pour l'instant 🙁 Soyez le premier à noter cet article.

Marlène Barthelme

une photo de moi, Marlène, fondatrice du média Famtastique

Fondatrice et responsable éditoriale de Fam’tastique. Ancienne cheffe de projet pendant 4 ans au sein d’une entreprise européenne de compléments alimentaires, elle travaille aujourd’hui à la création de contenus santé et bien-être fondés sur l’analyse critique de sources scientifiques et le respect du cadre réglementaire européen. En savoir plus sur l’autrice