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Perturbateurs endocriniens : liste des 100 principales sources dans le quotidien des familles

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Les perturbateurs endocriniens sont aujourd’hui présents dans de nombreux objets et produits du quotidien. Alimentation, cosmétiques, emballages, produits ménagers ou encore mobilier : la liste est longue car l’exposition peut provenir de multiples sources parfois insoupçonnées

Si toutes les substances suspectées ne présentent pas le même niveau de risque, les autorités sanitaires recommandent de limiter autant que possible les expositions inutiles, en particulier chez les populations les plus vulnérables.

Avant de découvrir la liste des principales sources de perturbateurs endocriniens dans la vie quotidienne, il est important de comprendre ce que sont réellement ces substances et pourquoi elles suscitent autant d’attention de la part des scientifiques.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange de substances capable de modifier le fonctionnement normal du système hormonal. Ces substances peuvent perturber l’action des hormones, qui régulent de nombreuses fonctions du corps.

De nombreuses études ont mis en évidence leurs effets potentiels sur la santé. L’Inserm a notamment rapporté des associations entre l’exposition à certains perturbateurs endocriniens et des troubles du développement chez l’enfant, certains cancers hormonodépendants (sein ou prostate), une diminution de la fertilité ainsi que des liens suspectés avec l’obésité, le diabète de type 2 et certains troubles neurodéveloppementaux

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) précise que certains perturbateurs endocriniens peuvent :

  • Imiter l’action d’une hormone naturelle ;
  • Bloquer son action ; 
  • Ou modifier son niveau dans l’organisme. 

💡Bon à savoir : parmi les substances les plus étudiées figurent notamment le bisphénol A, certains phtalates, les PFAS, ainsi que plusieurs pesticides.

Les effets potentiels dépendent de nombreux facteurs, tels que la dose, la durée d’exposition, la période de la vie concernée et la sensibilité individuelle. C’est pourquoi les chercheurs s’intéressent particulièrement aux expositions répétées sur le long terme et aux périodes de développement les plus sensibles.

Pourquoi les familles sont-elles particulièrement concernées ?

Certaines périodes de la vie rendent plus vulnérables aux perturbations hormonales que d’autres. La grossesse, la petite enfance et l’adolescence correspondent à des phases de développement rapide durant lesquelles les hormones jouent un rôle majeur dans la formation des organes et des fonctions biologiques.

🫄 Pendant la grossesse, plusieurs études ont montré que certaines substances chimiques peuvent traverser le placenta et atteindre le fœtus. Les chercheurs s’intéressent notamment à leurs effets potentiels sur le développement neurologique, reproductif et métabolique de l’enfant à naître.

👶 Les nourrissons et les jeunes enfants sont également plus sensibles que les adultes. Leur organisme est encore en développement, leurs systèmes de détoxification ne sont pas totalement matures et, rapportée à leur poids corporel, leur exposition à certaines substances peut être proportionnellement plus importante.

Pour ces raisons, l’OMS, l’ANSES et de nombreux organismes recommandent d’appliquer le principe de précaution, notamment dans l’environnement des femmes enceintes, des bébés et des jeunes enfants. L’objectif n’est pas de créer de l’inquiétude, mais de privilégier des gestes simples permettant de réduire l’exposition lorsque cela est possible.

Liste des 100 principales sources potentielles de perturbateurs endocriniens dans le quotidien des familles

Dans la cuisine

Poêle en téflon (perturbateurs endocriniens) avec de l'huile qui brûle.
  1. Biberons anciens contenant du bisphénol A (avant les interdictions)
  2. Films alimentaires plastiques utilisés avec de la chaleur
  3. Ustensiles de cuisine en plastique utilisés avec de la chaleur
  4. Boîtes alimentaires en plastique utilisées pour réchauffer les aliments
  5. Couvercles plastiques pour micro-ondes
  6. Conserves métalliques avec revêtement intérieur
  7. Poêles antiadhésives abîmées (surtout anciennes générations)
  8. Barquettes de plats préparés chauffées dans leur emballage
  9. Bouteilles en plastique réutilisées pendant longtemps
  10. Gourdes en plastique
  11. Bouilloires en plastique
  12. Cafetières avec réservoir plastique
  13. Vaisselle en mélamine (surtout avec aliments très chauds)
  14. Planches à découper en plastique (question des microplastiques)
  15. Sacs de congélation (surtout si détournés de leur usage)
  16. Gobelets jetables en plastique
  17. Assiettes jetables en plastique
  18. Couverts jetables en plastique

Les principales substances concernées sont les bisphénols (BPA, BPS, BPF), certains phtalates et les PFAS. Elles peuvent être utilisées dans certains plastiques alimentaires, revêtements de conserves ou emballages destinés au contact alimentaire. Plusieurs études suggèrent que ces substances peuvent migrer vers les aliments, notamment sous l’effet de la chaleur. 

Dans l’alimentation

  1. Poissons gras contaminés par certains polluants persistants (PCB, dioxines, PFAS selon les zones)
  2. Produits emballés dans du plastique ou chauffés dans leur emballage plastique
  3. Aliments en conserve (revêtements contenant ou ayant contenu des bisphénols)
  4. Fast-foods emballés dans des matériaux traités (certains emballages ont historiquement contenu des PFAS)
  5. Fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle les plus traités (fraises, raisins, pommes, etc.)
  6. Aliments ultra-transformés
  7. Produits céréaliers contenant des résidus de pesticides
  8. Boissons en canettes
  9. Eau stockée dans des bouteilles exposées à la chaleur

Les résidus de pesticides constituent l’une des principales sources d’exposition alimentaire aux perturbateurs endocriniens. Certaines substances actives utilisées en agriculture ont été identifiées ou suspectées d’interférer avec le système hormonal. Des polluants persistants comme les PCB ou les dioxines peuvent également s’accumuler dans certains aliments d’origine animale. 

Dans la salle de bain

  1. Parfums et eaux de toilette
  2. Crèmes parfumées et produits anti-âge
  3. Maquillage longue tenue
  4. Déodorants conventionnels
  5. Vernis à ongles et dissolvants
  6. Laques pour cheveux
  7. Mousses coiffantes
  8. Shampoings parfumés, après-shampoings et masques
  9. Gels douche parfumés et savons liquides parfumés
  10. Lingettes cosmétiques

Les cosmétiques peuvent contenir diverses substances suspectées de perturber le système endocrinien, notamment certains parabènes, filtres UV, phtalates ou parfums synthétiques. Leur présence varie fortement selon les produits et les fabricants. 

Produits d’hygiène des bébés

  1. Lingettes pour bébé parfumées
  2. Lotions parfumées et crèmes parfumées
  3. Talcs parfumés
  4. Vaisselle plastique pour enfants
  5. Anneaux de dentition en plastique
  6. Jouets de bain en plastique souple
  7. Bavoirs plastifiés
  8. Certains matelas à langer en PVC
  9. Certains matelas pour bébé traités

Les autorités sanitaires recommandent une vigilance particulière pour les nourrissons et les jeunes enfants, dont le système hormonal est encore en développement. Certains produits peuvent contenir des phtalates, des parabènes ou d’autres substances chimiques utilisées dans les plastiques, parfums ou revêtements. 

Dans la chambre

  1. Matelas traités contre le feu
  2. Oreillers synthétiques traités
  3. Couettes synthétiques

Les matelas, mousses, textiles et meubles peuvent contenir des retardateurs de flamme, des composés organiques volatils (COV) ou certains PFAS utilisés pour améliorer la résistance au feu, aux tâches ou à l’humidité. Ces substances peuvent être relarguées progressivement dans l’air intérieur et les poussières domestiques. 

Dans la maison

  1. Revêtements de sol en PVC
  2. Peintures anciennes et papiers peints vinyles
  3. Mobilier en panneaux agglomérés et en plastique
  4. Canapés et fauteuils traités contre le feu
  5. Colles pour revêtements
  6. Matériaux d’isolation traités et mousses isolantes
  7. Stores synthétiques
  8. Câbles et gaines en PVC

Ces matériaux peuvent contenir ou être associés à différentes substances chimiques utilisées pour leurs propriétés techniques (résistance au feu, souplesse, imperméabilité, durabilité). Parmi elles, on retrouve notamment certains retardateurs de flamme, des composés organiques volatils (COV), des plastifiants ou encore des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans certains usages industriels. Ces composés peuvent, selon les matériaux et les conditions (température, usure, ventilation), être émis progressivement dans l’air intérieur ou se retrouver dans les poussières domestiques.

Textiles et vêtements

  1. Vêtements imperméables
  2. Vestes déperlantes
  3. Vêtements anti-taches
  4. Chaussures synthétiques
  5. Sacs synthétiques
  6. Textiles anti-odeurs
  7. Uniformes professionnels traités
  8. Moquettes
  9. Tapis
  10. Nappes plastifiées
  11. Tissus ignifugés

Les vêtements imperméables, anti-taches ou déperlants peuvent parfois contenir des PFAS. Certaines teintures, traitements textiles ou apprêts chimiques peuvent également contribuer à l’exposition à différentes substances préoccupantes. 

Jouets et objets pour enfants

  1. Jouets en plastique souple
  2. Ballons en PVC
  3. Poupées plastiques
  4. Figurines plastiques
  5. Tapis d’éveil synthétiques
  6. Jouets électroniques
  7. Jouets parfumés
  8. Piscines gonflables
  9. Bouées gonflables
  10. Matelas gonflables

Certains jouets en plastique souple peuvent contenir des phtalates utilisés pour assouplir les matériaux. Bien que plusieurs de ces substances soient désormais réglementées dans l’Union européenne, elles peuvent encore être présentes dans certains produits importés ou plus anciens. 

Produits ménagers

Produits ménagers remplis de perturbateurs endocriniens dans un saut.
  1. Lessives et assouplissants textiles
  2. Produits multi-usages parfumés
  3. Désodorisants d’intérieur
  4. Sprays parfumés
  5. Bougies parfumées
  6. Encens
  7. Produits pour sols
  8. Nettoyants pour vitres
  9. Détartrants
  10. Produits pour four

Les désodorisants, parfums d’intérieur, bougies parfumées ou certains détergents peuvent libérer des composés chimiques susceptibles d’interagir avec le système hormonal. Les parfums synthétiques constituent l’une des principales sources d’exposition dans cette catégorie. 

Jardin et bricolage

  1. Herbicides
  2. Insecticides domestiques
  3. Fongicides
  4. Traitements du bois
  5. Certaines peintures, vernis et solvants

Les pesticides, insecticides, herbicides et certains traitements du bois figurent parmi les substances les plus étudiées pour leurs effets potentiels sur le système endocrinien. Plusieurs organismes scientifiques recommandent de limiter l’exposition, notamment chez les femmes enceintes et les jeunes enfants. 

Autres sources du quotidien

  1. Tickets de caisse et reçus de carte bancaire
  2. Intérieurs de voitures neuves
  3. Fumée des cigarettes électroniques, vapoteuses et de tabac
  4. Produits anti-moustiques corporels
  5. Colliers antiparasitaires pour animaux
  6. Litières parfumées
  7. Certains médicaments contenant des excipients controversés.

Faut-il tout jeter ? Techniques pour réduire son exposition aux perturbateurs endocriniens

La présence de perturbateurs endocriniens dans notre environnement ne signifie pas qu’il faille vivre dans la crainte ou chercher à éliminer tous les produits du quotidien. Les autorités sanitaires rappellent d’ailleurs que le risque dépend de nombreux facteurs, notamment du niveau d’exposition, de la fréquence de contact et de la période de la vie concernée.

L’objectif n’est donc pas d’atteindre le « zéro exposition », ce qui est pratiquement impossible, mais plutôt de réduire les sources les plus faciles à éviter. Quelques changements simples peuvent déjà permettre de diminuer significativement l’exposition de toute la famille sans bouleverser son mode de vie.

Réduire les perturbateurs endocriniens dans la cuisine

La cuisine constitue l’une des principales sources d’exposition quotidienne. Pour commencer, il peut être judicieux de privilégier les contenants en verre, les ustensiles en bois, les poêles en inox ou en céramique pour stocker et réchauffer les aliments, en particulier lorsqu’ils sont chauds. 

💡Bon à savoir : la chaleur favorise en effet la migration de certaines substances chimiques depuis les emballages vers les aliments.

Il est donc préférable d’éviter de chauffer des plats dans des contenants en plastique au micro-ondes, même lorsque ceux-ci sont présentés comme compatibles avec cet usage. Les boîtes alimentaires anciennes ou abîmées méritent également d’être remplacées progressivement.

Côté alimentation, augmenter la consommation d’aliments peu transformés, laver soigneusement les fruits et légumes et varier les sources alimentaires permet de limiter l’exposition à certains contaminants. Lorsque cela est possible, privilégier les produits biologiques pour les aliments les plus traités peut également contribuer à réduire l’exposition à certains pesticides.

Enfin, limiter la consommation d’aliments ultra-transformés et de produits conditionnés dans de multiples emballages peut constituer une mesure supplémentaire de précaution.

Limiter les perturbateurs endocriniens dans la salle de bain

Produits bio pas chers : des cosmétiques faits maison

La salle de bain est souvent l’endroit où nous appliquons le plus grand nombre de produits chimiques sur notre peau.

Choisir des cosmétiques et savons simples, sans parfum inutile et comportant peu d’ingrédients peut être une approche intéressante. Les produits portant des labels reconnus ou affichant des formulations plus courtes permettent souvent de réduire l’exposition à certaines substances controversées.

Il peut également être utile de limiter le nombre de produits utilisés quotidiennement. Dans de nombreux cas, quelques soins essentiels suffisent largement à couvrir les besoins de toute la famille.

Pour les bébés et les jeunes enfants, les autorités sanitaires recommandent généralement de privilégier des produits spécifiquement formulés pour leur âge et d’éviter les cosmétiques parfumés lorsqu’ils ne sont pas nécessaires.

Réduire les perturbateurs endocriniens dans les produits ménagers

Les produits ménagers représentent une autre source d’exposition souvent sous-estimée.

De nombreux nettoyants, désodorisants, sprays parfumés, lessives ou assouplissants contiennent des mélanges complexes de substances chimiques qui ne sont pas toujours indispensables. Dans la plupart des situations, quelques produits simples suffisent pour entretenir efficacement la maison.

Le vinaigre blanc, le savon noir ou encore le bicarbonate de soude peuvent parfois remplacer plusieurs produits spécialisés. Sans chercher à tout remplacer, réduire le nombre de produits utilisés au quotidien permet souvent de diminuer l’exposition globale.

Les parfums d’ambiance, diffuseurs parfumés, bougies parfumées et encens peuvent également être utilisés avec modération, en particulier dans les pièces peu ventilées.

Améliorer la qualité de l’air intérieur

L’air intérieur peut parfois être davantage pollué que l’air extérieur. Les perturbateurs endocriniens ne proviennent pas uniquement des objets que nous touchons ou des aliments que nous consommons : ils peuvent également être présents dans les poussières domestiques.

💡 Bon à savoir : aérer son logement au moins 10 à 15 minutes chaque jour reste l’un des gestes les plus simples et les plus efficaces pour renouveler l’air intérieur.

Passer régulièrement l’aspirateur, nettoyer les surfaces et limiter l’accumulation de poussière peut également contribuer à réduire l’exposition, notamment chez les nourrissons qui passent beaucoup de temps au sol.

Choisir des textiles et des meubles plus sains

Lors du renouvellement d’un matelas, d’un canapé ou de meubles, il peut être intéressant de privilégier des matériaux simples et peu traités lorsque cela est possible.

Laisser s’aérer plusieurs jours les meubles neufs, matelas ou textiles avant utilisation permet également de réduire l’exposition à certains composés volatils libérés lors de leur fabrication.

Une démarche progressive plutôt que radicale

La meilleure stratégie consiste souvent à agir par étapes. Vouloir éliminer toutes les sources potentielles de perturbateurs endocriniens du jour au lendemain est pratiquement impossible.

Les experts recommandent plutôt de concentrer ses efforts sur les situations les plus pertinentes : la grossesse, la petite enfance, l’alimentation quotidienne et les expositions répétées.

En pratique, quelques gestes simples appliqués sur le long terme auront généralement davantage d’impact qu’une démarche extrême impossible à maintenir. L’objectif n’est pas de vivre dans la peur des perturbateurs endocriniens, mais de faire des choix éclairés pour réduire les expositions évitables lorsque cela est possible.

💡 Bon à savoir : pour plus d’informations sur le sujet, lisez notre article Les perturbateurs endocriniens dans le quotidien des familles : invisibles mais partout, comment les éviter ?

Conclusion

Les perturbateurs endocriniens sont présents dans de nombreux aspects de notre quotidien, mais il n’est ni possible ni nécessaire de chercher à les éliminer totalement. L’essentiel consiste à adopter quelques gestes simples permettant de réduire les expositions les plus fréquentes.

Certaines de ces substances font également l’objet de recherches pour leurs effets potentiels sur la fonction thyroïdienne. Pour en savoir plus sur cette glande essentielle au métabolisme, découvrez nos articles « Les meilleurs compléments alimentaires pour l’hyperthyroïdie » et « Hypothyroïdie : 10 solutions naturelles pour soutenir sa thyroïde et retrouver sa vitalité ».

Bibliographie

Voir les références scientifiques

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Marlène Barthelme

une photo de moi, Marlène, fondatrice du média Famtastique

Fondatrice et responsable éditoriale de Fam’tastique. Ancienne cheffe de projet pendant 4 ans au sein d’une entreprise européenne de compléments alimentaires, elle travaille aujourd’hui à la création de contenus santé et bien-être fondés sur l’analyse critique de sources scientifiques et le respect du cadre réglementaire européen. En savoir plus sur l’autrice