La puberté est une étape clé du développement de l’enfant, marquée par l’apparition progressive de changements physiques, hormonaux et émotionnels. Mais dans certains cas, ce processus se déclenche plus tôt que prévu, c’est la puberté précoce.
On parle de puberté précoce lorsque les premiers signes apparaissent avant l’âge de 8 ans chez les filles et avant 9 ans chez les garçons. Même si cela peut parfois rester une variation normale du développement, cela nécessite toujours une évaluation médicale pour comprendre ce qui se passe.
Qu’est-ce que la puberté précoce ?
Les médecins distinguent généralement deux grands mécanismes.
La forme la plus fréquente est la puberté précoce centrale. Dans ce cas, le cerveau déclenche trop tôt l’activation de l’axe hormonal qui contrôle la puberté. C’est un processus normal… mais lancé trop tôt.
Plus rarement, il s’agit d’une puberté précoce périphérique, où les hormones sexuelles sont produites indépendamment du contrôle du cerveau, souvent à cause d’une production hormonale anormale au niveau des glandes endocrines.
Ces deux formes n’ont pas les mêmes causes ni les mêmes prises en charge, d’où l’importance d’un diagnostic précis.
Quelles sont les causes possibles ?
Dans la majorité des cas, surtout chez les filles, la puberté précoce centrale reste dite idiopathique. Cela signifie qu’après les examens, aucune cause précise n’est retrouvée. Le système hormonal se met simplement en route trop tôt, sans explication évidente.
Chez les garçons, la situation est un peu différente : une cause sous-jacente est plus souvent identifiée, ce qui explique pourquoi les médecins ont tendance à pousser davantage les investigations dans leur cas.
Lorsqu’une cause est retrouvée, elle peut être liée à plusieurs situations :

- Une anomalie du cerveau, notamment au niveau de l’hypothalamus ou de l’hypophyse ;
- Des malformations congénitales du système nerveux central ;
- Un antécédent de traumatisme crânien ou de traitement par radiothérapie ;
- Certaines tumeurs hormonales (ovaires, testicules ou glandes surrénales) ;
- Des maladies rares comme la mucoviscidose surrénalienne (hyperplasie congénitale des surrénales) ou le syndrome de McCune-Albright ;
- Et plus rarement, des mutations génétiques impliquées dans le contrôle du déclenchement pubertaire, comme le gène MKRN3, qui joue normalement un rôle de “frein” sur la puberté.
Le rôle du poids et de l’environnement
Au-delà des causes médicales identifiées, la recherche a mis en évidence plusieurs facteurs associés à un déclenchement plus précoce de la puberté.
Parmi eux, le surpoids et l’obésité infantile reviennent de manière constante dans les études scientifiques. Ils sont particulièrement associés à une puberté plus précoce chez les filles. Les mécanismes exacts ne sont pas totalement élucidés, mais les tissus graisseux participent à la production et à la régulation de certaines hormones impliquées dans le développement pubertaire.
Le rôle possible du stress précoce
Un autre champ de recherche s’intéresse à l’impact des expériences précoces de vie sur le développement hormonal.
Une étude danoise récente a observé que des enfants exposés à des formes importantes d’adversité dans l’enfance – notamment lorsqu’ils avaient été placés en famille d’accueil ou en institution – présentaient davantage de signes de maturation pubertaire avancée que les enfants vivant dans leur foyer familial.
Ces résultats suggèrent qu’un environnement particulièrement stressant durant l’enfance pourrait être associé à une accélération du développement pubertaire chez certains enfants vulnérables.
Une condition globalement rare
Même si la puberté précoce attire de plus en plus l’attention des parents et des professionnels de santé, elle reste relativement rare.
💡Bon à savoir : les estimations varient selon les pays, mais la puberté précoce centrale toucherait environ 1 enfant sur 5 000 à 10 000. Elle est également beaucoup plus fréquente chez les filles, avec un ratio d’environ 10 filles pour 1 garçon.
Comment diagnostique-t-on une puberté précoce ?
Le diagnostic repose sur une approche assez progressive, qui commence généralement par une consultation médicale classique.
Une première étape basée sur l’observation clinique
Le médecin commence par échanger avec les parents et l’enfant afin de comprendre l’évolution des signes : quand sont-ils apparus, est-ce qu’ils progressent rapidement, et s’accompagnent-ils d’une accélération de la croissance ?
Un examen clinique permet ensuite d’évaluer le développement pubertaire grâce aux stades de Tanner, une classification médicale qui décrit les étapes de maturation sexuelle.
Dans de nombreux cas, on observe également une croissance plus rapide que la moyenne pour l’âge, ce qui constitue un signal important.
Les examens complémentaires
Si une puberté précoce est suspectée, plusieurs examens peuvent être proposés afin de confirmer le diagnostic et en comprendre l’origine.
Parmi les plus fréquents :

- Une radiographie de l’âge osseux, généralement réalisée au niveau de la main et du poignet. Elle permet de vérifier si le squelette est plus “en avance” que l’âge réel de l’enfant ;
- Des analyses sanguines hormonales, notamment les taux de LH, FSH et des hormones sexuelles (œstrogènes ou testostérone) ;
- Un test de stimulation à la GnRH, considéré comme l’un des examens les plus fiables pour confirmer une puberté précoce centrale ;
- Une échographie pelvienne chez les filles, afin d’évaluer la maturation des ovaires et de l’utérus.
💡Bon à savoir : dans certains cas, notamment chez les garçons, les jeunes enfants ou en présence de signes neurologiques, une IRM cérébrale est recommandée pour rechercher une cause au niveau du cerveau.
L’objectif du diagnostic de la puberté précoce
Il ne s’agit pas uniquement de confirmer que la puberté a commencé trop tôt.
Les médecins cherchent surtout à répondre à deux questions essentielles :
- Est-ce une puberté précoce centrale ou périphérique ?
- Existe-t-il une cause sous-jacente nécessitant un traitement spécifique ?
Cette distinction est importante, car elle détermine entièrement la prise en charge.
Quel impact sur l’enfant et la famille ?
La puberté précoce ne concerne pas uniquement le corps. Elle peut aussi avoir un retentissement émotionnel et social important.
Une expérience très variable selon les enfants
Tous les enfants ne vivent pas cette situation de la même manière. Certains s’adaptent sans difficulté particulière, tandis que d’autres peuvent ressentir un décalage avec leurs camarades.
Le fait de voir son corps changer plus tôt que celui des autres peut parfois générer :
- Une gêne ou une perte de confiance en soi ;
- Une impression d’être “différent” ;
- Ou une difficulté à comprendre ce qui se passe.
Les impacts psychologiques possibles de la puberté précoce

Plusieurs études ont observé une association entre puberté précoce et certains troubles émotionnels, notamment :
- Une augmentation de l’anxiété ;
- Une baisse de l’estime de soi ;
- Des préoccupations liées à l’image corporelle ;
- Et parfois des symptômes dépressifs, surtout chez les filles.
Il est également possible que certains enfants soient confrontés à des remarques ou à des situations de harcèlement, simplement parce qu’ils paraissent plus âgés que leur âge réel.
Le rôle clé de l’entourage
L’impact psychologique dépend énormément du contexte familial et social.
Un environnement rassurant, une bonne information de l’enfant et un suivi médical adapté permettent souvent de limiter les difficultés. Dans de nombreux cas, les enfants s’adaptent bien une fois qu’ils comprennent ce qui leur arrive et qu’ils sont accompagnés correctement.
La puberté précoce est-elle en augmentation ?
Depuis une vingtaine d’années, plusieurs pays ont observé une hausse des consultations et des diagnostics de puberté précoce, en particulier chez les filles. Cette tendance a même semblé s’accentuer pendant la période de la pandémie de COVID-19.
Cependant, les chercheurs restent prudents : cette augmentation ne signifie pas forcément qu’il y a davantage de cas réels. Elle peut aussi refléter une meilleure reconnaissance des symptômes, un accès plus rapide aux soins, ou une vigilance accrue des parents et des professionnels de santé.
Plusieurs facteurs possibles sur l’augmentation de la puberté précoce
Aucune cause unique n’a été identifiée pour expliquer cette tendance. Les chercheurs avancent plutôt une combinaison de facteurs biologiques et environnementaux.
Parmi les hypothèses les plus étudiées :
- L’augmentation du surpoids et de l’obésité infantile, fortement associée à un déclenchement plus précoce de la puberté, notamment chez les filles ;
- Une baisse de l’activité physique chez les enfants ;
- Des changements dans les habitudes de sommeil, parfois aggravés par les écrans ;
- Une exposition plus importante au stress psychosocial, en particulier durant les confinements ;
- Et des perturbations des rythmes de vie quotidiens, susceptibles d’influencer les systèmes hormonaux.
Les chercheurs continuent également d’étudier le rôle potentiel des perturbateurs endocriniens (substances chimiques capables d’interagir avec le système hormonal). Toutefois, à ce jour, les données disponibles ne permettent pas d’établir un lien de causalité clair.
En réalité, la plupart des spécialistes s’accordent sur une idée : il est probable que plusieurs facteurs interagissent entre eux, plutôt qu’une seule cause isolée.
Les perturbateurs endocriniens : une piste à ne pas oublier
Sans être un traitement, la réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens est parfois évoquée comme une mesure de précaution. Les études portent notamment sur des substances comme les phtalates, le bisphénol A ou certains PFAS.
Si vous souhaitez limiter l’exposition de votre famille à ces substances, découvrez également notre guide complet : Perturbateurs endocriniens : liste des 100 principales sources dans le quotidien des familles, qui recense les principales sources d’exposition et les gestes simples pour les réduire au quotidien.
Quels traitements existent contre la puberté précoce ?
Le traitement dépend directement de la cause identifiée.
Dans la puberté précoce centrale
Le traitement de référence repose sur les agonistes de la GnRH. Ces médicaments agissent comme une “pause hormonale” temporaire en bloquant les signaux responsables du déclenchement de la puberté.
Contrairement à ce que leur mécanisme pourrait laisser penser, ils ne stoppent pas définitivement la puberté. Une fois le traitement arrêté, le développement reprend normalement.
Les études cliniques montrent que ces traitements permettent généralement :
- De ralentir ou stopper la progression pubertaire ;
- De freiner la maturation osseuse ;
- Et, dans certains cas, d’améliorer la taille finale adulte, surtout lorsque le traitement est débuté tôt.
Globalement, ils sont considérés comme efficaces et bien tolérés dans la grande majorité des cas.
Dans la puberté précoce périphérique
Ici, le problème ne vient pas du cerveau, mais d’une production hormonale anormale.
La prise en charge dépend donc de la cause :
- Chirurgie en cas de tumeur sécrétant des hormones ;
- Traitements spécifiques en cas de maladie des glandes surrénales ;
- Prise en charge endocrinologique adaptée selon l’origine du déséquilibre.
Existe-t-il des traitements naturels pour la puberté précoce ?
À ce jour, aucun traitement naturel n’a démontré sa capacité à stopper une véritable puberté précoce centrale.
Les agonistes de la GnRH restent le seul traitement ayant démontré son efficacité dans des essais cliniques et faisant l’objet de recommandations internationales (ESPE, Endocrine Society).
En revanche, cela ne signifie pas que le mode de vie n’a aucun intérêt.
Plusieurs facteurs sont associés à une puberté plus précoce :

- Le surpoids et l’obésité ;
- Une alimentation riche en aliments ultra-transformés (association observée dans plusieurs études, mais sans preuve de causalité directe) ;
- Une faible activité physique ;
- Certaines expositions environnementales qui font encore l’objet de recherches.
Ainsi, si un enfant présente un excès de poids, favoriser une alimentation équilibrée et une activité physique régulière est bénéfique pour sa santé globale. En revanche, aucune étude n’a montré qu’un changement alimentaire ou des compléments naturels permettaient de faire régresser une puberté précoce déjà installée.
Concernant certaines plantes, compléments alimentaires ou médecines alternatives souvent évoqués sur Internet, les preuves scientifiques sont aujourd’hui insuffisantes.
Quelles plantes ou molécules pourraient avoir un intérêt dans la puberté précoce même s’il n’existe pas de preuves à ce jour ?
Comme expliqué précédemment, à ce jour, aucune plante ni aucun complément alimentaire n’a démontré son efficacité dans le traitement de la puberté précoce centrale dans des essais cliniques de qualité. En revanche, certains composés sont étudiés parce qu’ils pourraient théoriquement agir sur les mécanismes impliqués (stress oxydatif, inflammation, métabolisme, hormones, microbiote…). Les données sont essentiellement issues d’études chez l’animal ou in vitro.
Voici les pistes les plus intéressantes.
1. La mélatonine (la piste la plus crédible)
C’est probablement la molécule naturelle la plus souvent évoquée.
Pourquoi ? La mélatonine est sécrétée par la glande pinéale et participe à la régulation des rythmes circadiens. Chez plusieurs espèces animales, elle influence également le déclenchement de la reproduction.
Chez l’humain :
- Les taux de mélatonine diminuent naturellement au cours de l’enfance ;
- Certaines études ont observé des concentrations plus faibles chez des enfants présentant une puberté précoce.
➡️ Cependant aucune étude clinique n’a montré qu’une supplémentation en mélatonine ralentissait une puberté précoce. Les données restent donc insuffisantes.
2. La vitamine D
Plusieurs études observationnelles ont retrouvé une association entre un déficit en vitamine D et une puberté plus précoce.
Mais attention : association ≠ causalité. Les enfants obèses présentent souvent à la fois :
- Davantage de carences en vitamine D ;
- Davantage de puberté précoce.
Il est donc difficile de savoir si la vitamine D joue un rôle direct.
À ce jour, aucun essai clinique n’a démontré qu’une supplémentation retardait la puberté.
3. Les oméga-3

Les oméga-3 étudiés pour plusieurs raisons :
- Réduction de l’inflammation chronique ;
- Amélioration de la sensibilité à l’insuline ;
- Rôle dans le développement cérébral.
Or l’obésité et l’insulinorésistance semblent favoriser une puberté plus précoce. Il existe donc une plausibilité biologique. Mais là non plus, aucune preuve clinique spécifique dans la puberté précoce.
4. Les polyphénols (resvératrol, quercétine…)
Le resvératrol est particulièrement intéressant.
Chez la souris, plusieurs travaux ont montré qu’il pouvait moduler certaines voies hormonales et influencer les neurones Kiss1, qui jouent un rôle majeur dans le déclenchement de la puberté.
Mais chez l’humain, il n’existe encore aucune preuve. Même chose pour :
- Quercétine ;
- EGCG (thé vert) ;
- Curcumine.
Toutes ces molécules sont étudiées surtout pour leurs propriétés anti-inflammatoires.
5. Le myo-inositol
Cette piste devient intéressante. Pourquoi ? L’hyperinsulinémie semble favoriser une maturation plus précoce.
Le myo-inositol améliore parfois la sensibilité à l’insuline. On pourrait donc imaginer un effet indirect. Mais une fois de plus, il n’existe pas d’essai clinique montrant un bénéfice sur la puberté précoce.
6. Les probiotiques et le microbiote

Le microbiote intestinal influence le métabolisme, les œstrogènes, l’inflammation.
Les chercheurs s’intéressent de plus en plus au rôle du microbiote intestinal dans la puberté précoce. Une étude publiée en 2025 chez le rat a identifié plusieurs groupes de bactéries, notamment des espèces du genre Lactobacillus, dont l’abondance était associée à des modifications de l’axe hormonal contrôlant la puberté. Ces résultats ouvrent des pistes de recherche, mais ils ne permettent pas encore de recommander un probiotique particulier chez l’enfant.
7. Les isoflavones de soja
Sujet très controversé. Les isoflavones possèdent une faible activité œstrogénique. Certaines personnes pensent donc qu’elles pourraient influencer la puberté. En réalité, les études sont contradictoires. Certaines suggèrent un effet. D’autres aucun. Conclusion : aucune recommandation ne peut être formulée.
8. Les plantes
Il y en a très peu qui soient réellement étudiées. On trouve beaucoup d’affirmations sur Internet concernant le gattilier (Vitex agnus-castus), l’actée à grappes noires, la réglisse et la sauge.
Mais ces plantes concernent surtout :
- Les troubles hormonaux féminins ;
- La ménopause ;
- Le syndrome prémenstruel.
Il n’y a pas de données convaincantes concernant la puberté précoce de l’enfant.
En résumé :
| Molécule / plante | Niveau de preuve | Pourquoi elle est étudiée ? |
| Mélatonine | ⭐⭐⭐ (préclinique) | Influence les neurones GnRH, kisspeptine et GnIH ; plusieurs études chez la souris montrent qu’elle peut modifier le moment de la puberté, mais les résultats sont contradictoires selon la dose, le moment d’administration et le modèle animal. |
| Vitamine D | ⭐⭐☆ | Le récepteur de la vitamine D est présent dans les tissus reproducteurs. Plusieurs études observationnelles retrouvent une association entre déficit en vitamine D et puberté précoce. Une revue récente explore également son interaction avec le microbiote. |
| Microbiote / probiotiques | ⭐⭐☆ | Le microbiote pourrait influencer le métabolisme des hormones sexuelles, l’inflammation et la maturation de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. Des modèles de rats montrent que modifier le microbiote peut atténuer une puberté précoce induite par un régime riche en graisses. |
| Resvératrol | ⭐⭐☆ | Le resvératrol module plusieurs voies impliquées dans le métabolisme énergétique (AMPK, SIRT1, mTOR) et possède des propriétés anti-inflammatoires. Chez l’animal, il influence également la fonction ovarienne et la signalisation de la kisspeptine, ce qui en fait une piste de recherche, mais il n’existe pas d’essai clinique dans la puberté précoce. |
| Oméga-3 (EPA/DHA) | ⭐⭐☆ | Aucune étude n’a évalué directement les oméga-3 dans la puberté précoce, mais ils améliorent l’inflammation de bas grade, la sensibilité à l’insuline et certains paramètres métaboliques. Comme l’obésité est un facteur associé à une puberté plus précoce, certains chercheurs évoquent un intérêt théorique par extrapolation. |
| Curcumine | ⭐☆☆ | Étudiée pour ses effets anti-inflammatoires et antioxydants sur plusieurs voies endocriniennes. Quelques travaux expérimentaux suggèrent des effets sur les hormones sexuelles, mais pas spécifiquement sur la puberté précoce. |
| Quercétine | ⭐☆☆ | Comme la curcumine, elle est étudiée pour ses effets antioxydants et sur certaines voies hormonales, essentiellement in vitro ou chez l’animal. Aucune donnée clinique dans la puberté précoce. |
| Isoflavones de soja (génistéine, daidzéine) | ⭐☆☆ | Les phytoestrogènes peuvent interagir avec les récepteurs des œstrogènes. Les études animales montrent des effets sur la maturation sexuelle, mais les études chez l’humain sont contradictoires et ne permettent pas de conclure. Les phytoestrogènes sont donc susceptibles d’influencer le calendrier pubertaire mais ne peuvent pas être considérées comme un traitement. |
Quand faut-il consulter un médecin ?
Certains signes doivent amener les parents à demander un avis médical, surtout s’ils apparaissent tôt ou évoluent rapidement.
Les signes à surveiller
Il est recommandé de consulter si un enfant présente :
- Un développement mammaire avant 8 ans chez la fille ;
- Une augmentation du volume des testicules avant 9 ans chez le garçon ;
- L’apparition précoce de pilosité pubienne ou axillaire ;
- Une accélération inhabituelle de la croissance ;
- Une odeur corporelle “adulte” précoce ;
- De l’acné associée à d’autres signes pubertaires ;
- Ou des règles apparaissant très tôt.
Dans certains cas, ces signes peuvent être isolés et sans gravité. Mais seul un examen médical permet de faire la différence entre une variation normale et une puberté précoce réelle.
Les situations qui nécessitent une consultation rapide
Il est important de consulter sans attendre si les signes pubertaires s’accompagnent de :
- Maux de tête persistants ;
- Troubles de la vision ;
- Symptômes neurologiques ;
- Ou d’une progression très rapide des changements physiques.
Ces éléments peuvent parfois orienter vers une cause sous-jacente nécessitant une prise en charge spécifique.
Conclusion
La puberté précoce reste une situation relativement rare, mais qui peut être impressionnante pour les familles lorsqu’elle survient. Dans la majorité des cas, elle est idiopathique (sans cause connue) et peut être prise en charge efficacement, notamment grâce aux traitements hormonaux lorsqu’ils sont nécessaires.
Au-delà de l’aspect médical, l’accompagnement de l’enfant joue un rôle essentiel. Comprendre ce qui se passe, être rassuré et bénéficier d’un suivi adapté permet souvent de mieux vivre cette étape.
Comme pour beaucoup de questions liées au développement de l’enfant, l’enjeu principal reste de trouver le bon équilibre entre vigilance et sérénité.
FAQ : Foire aux Questions
Les traitements hormonaux qui agissent sur le cerveau sont-ils nocifs ?
Les agonistes de la GnRH agissent au niveau de l’hypophyse, sous le contrôle de l’hypothalamus. Mais ils ne « coupent » pas le fonctionnement du cerveau. Ils désensibilisent temporairement certains récepteurs hormonaux afin d’interrompre les signaux déclenchant la puberté.
Que disent les études concernant leur nocivité ? Globalement :
- Ils sont utilisés depuis près de 40 ans ;
- Leur efficacité est bien démontrée ;
- Les effets secondaires graves sont rares ;
- La puberté reprend habituellement après l’arrêt du traitement.
Les principaux effets indésirables observés sont :
- Douleurs au point d’injection ;
- Maux de tête ;
- Bouffées de chaleur ;
- Diminution temporaire de la densité minérale osseuse, qui récupère généralement après l’arrêt.
Et le cerveau ? C’est là que les choses deviennent intéressantes.
Les hormones sexuelles participent normalement au développement cérébral durant l’adolescence. Des chercheurs se sont donc demandé si interrompre temporairement cette exposition hormonale pouvait modifier certains aspects du développement neurologique.
Aujourd’hui, les données restent limitées. Quelques études utilisant l’IRM ou des tests neuropsychologiques ont recherché des différences concernant :
- La mémoire ;
- Certaines fonctions exécutives ;
- Les émotions.
Les résultats sont globalement rassurants mais reposent sur de petits effectifs et des suivis relativement courts. Autrement dit, on ne dispose pas aujourd’hui de preuves montrant que ces traitements entraînent des lésions cérébrales ou des déficits cognitifs durables.
En revanche, on manque encore d’études suivant ces enfants pendant plusieurs décennies, ce qui justifie une certaine prudence scientifique. Dire que ces traitements sont totalement dénués d’effet sur le cerveau serait excessif. Dire qu’ils sont dangereux pour le cerveau n’est pas étayé non plus.
Conclusion : les bénéfices sont bien documentés lorsque le traitement est indiqué, mais certains effets à très long terme sur le neurodéveloppement restent encore insuffisamment étudiés.
La hausse observée pendant le COVID pourrait-elle être liée aux vaccins ?
C’est probablement la question la plus controversée. La réponse scientifique actuelle est la suivante : on ne dispose pas de données solides permettant d’attribuer cette hausse aux vaccins contre la COVID-19.
Pourquoi ? La chronologie pose déjà problème. Dans plusieurs pays (Italie, Turquie, Corée, Espagne…), l’augmentation des nouveaux cas de puberté précoce a commencé dès les premiers mois de 2020, alors que :
- Les confinements étaient en place ;
- Les écoles étaient fermées ;
- Les campagnes de vaccination n’avaient pas encore commencé chez les enfants.
Cette simple observation ne permet évidemment pas de conclure que le confinement est responsable, mais elle rend une explication principalement liée aux vaccins peu compatible avec les dates observées.
Les chercheurs ont proposé plusieurs hypothèses :
- Augmentation du temps passé devant les écrans ;
- Diminution de l’activité physique ;
- Prise de poids ;
- Perturbation du sommeil ;
- Stress psychologique ;
- Modification des rythmes circadiens.
Toutes ces hypothèses restent discutées.
En revanche, concernant les vaccins : il n’existe à ce jour aucune étude épidémiologique robuste montrant une augmentation de la puberté précoce chez les enfants vaccinés contre la COVID-19 par rapport aux enfants non vaccinés.
Il existe bien quelques publications isolées ou des signalements de cas, mais elles ne permettent pas d’établir une relation causale. Les signalements individuels sont utiles pour détecter un éventuel signal de sécurité, mais ils ne suffisent pas à conclure qu’un vaccin est responsable d’un effet observé.
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Marlène Barthelme

Fondatrice et responsable éditoriale de Fam’tastique. Ancienne cheffe de projet pendant 4 ans au sein d’une entreprise européenne de compléments alimentaires, elle travaille aujourd’hui à la création de contenus santé et bien-être fondés sur l’analyse critique de sources scientifiques et le respect du cadre réglementaire européen. En savoir plus sur l’autrice